PARACHAT VAYIKRA : 4eme Partie QUELQUES REMARQUES L’enthousiasme et l’effort mènent
à la sainteté
Dans le verset « L’Eternel appela
Moïse et lui parla » (Lévitique
1,1), le mot vayikra est écrit avec
un petit aleph. Quelle en est la raison
?
Le Zohar (III 72b) enseigne que quand
l’homme porte atteinte à la sainteté
de l’alliance de la circoncision, il s’éloigne
de Dieu. Incapable désormais de se
rapprocher du lieu de Sa résidence
(Erouvin 19a), il reste en dehors du camp
où réside la Chékhinah.
Pour réparer cette faute et réintégrer
ce camp, il faudra qu’il purifie à
fond sa pensée et s’arme de l’authentique
dévouement de celui qui s’offre lui-même
en sacrifice (Lévitique 1, 2), prêt
à donner sa vie sans réserve
afin d’être entièrement consacré
à Dieu.
La raison en est qu’en laissant perdre
sa semence, il a pour ainsi dire offert
un sacrifice à la klipah [littéralement,
l’écorce, qui vient recouvrir et
obscurcir la sainteté]. Pour retrouver
son intégrité, il doit donc
à présent extraire de cette
klipah ce qu’elle lui a pris, processus
évoqué par le verset «
Il a avalé une force et maintenant
il la vomit » (Job 20, 15). Cela lui
permettra de se reconstruire.
On trouve cette idée en allusion
dans le mot vayikra. Sans la lettre aleph,
il devient vayeker, mot qui évoque
l’impureté dont nous parlons. Toutefois,
la présence de la lettre aleph rectifie
la situation. Comment cela ? Quand on divise
le mot vayikra en deux, on obtient VaYi-KRA,
or le mot KRA (avec l’addition de «
un » pour l’ensemble du mot) a la
même valeur numérique que KRaV,
le combat, la guerre. Cela signifie qu’en
livrant une guerre à la klipah, on
lui fait rendre ce qu’elle a avalé,
et on rectifie ainsi la situation. Les initiales
des mots du verset de Job que nous avons
cité à ce propos sont ‘heth,
beth, vav, qui ont ensemble la même
valeur numérique que VaYi. C’est
une indication que si l’on adopte la conduite
évoquée dans ce verset, on
se place sous le signe du combat (k-r-v),
donc on se rapproche (k-r-v) de Dieu, de
la sainteté et de la pureté.
Si un homme meurt dans une tente... celle
de la Torah
« L’Eternel appela Moïse et
lui parla de la Tente d’Assignation »
(Lévitique 1, 1). La « Tente
» fait ici allusion à la Torah,
car il est écrit à propos
de Jacob qu’il était « installé
dans les tentes » (Genèse 28,
27), à savoir les tentes de Chem
et Ever (Béréchith Rabah 63,
10). La tente représentant la Torah,
la Guémara nous enseigne que l’homme
doit se « tuer » à l’étude
(Bérakhoth 63b, Chabath 73b), selon
le verset : « Si un homme meurt dans
une tente » (Nombres 19, 14). Oui,
il doit investir toutes ses forces dans
l’étude de la Torah (Torath Cohanim
26, 3), et l’on sait que cela implique entre
autres d’étudier debout (comme le
font d’ailleurs beaucoup de gens). Le mot
MOeD (Tente d’Assignation) est en effet
composé des mêmes lettres que
OMeD (« debout »), ce qu’on
peut aussi considérer comme une allusion
au shtender [le pupitre sur lequel on pose
le livre qu’on étudie], également
appelé AMouD (mêmes lettres).
A ce propos, il est écrit que
depuis la mort de Raban Gamliel, l’honneur
de la Torah avait disparu (Sotah 49a). Jusqu’alors
on étudiait debout, ce qui représente
un honneur pour la Torah, car on se penche
sur elle. Cet honneur disparaît quand
on renonce à cette coutume. En hébreu,
la phrase « l’honneur de la Torah
a disparu » (Batel Kvod HaTorah) équivaut,
selon une certaine façon de calculer
les valeurs numériques (minyan katan
im hakolel), à la phrase «
on n’étudie plus debout » (Chelo
lamdou me’oumad)..
Nous paierons des taureaux par nos lèvres...
Il est écrit « Si un homme
d’entre vous (mi-kem) offre en sacrifice
» (Lévitique 1, 1). Le mot
mi-kem a la valeur numérique de cent,
allusion aux cent bénédictions
que l’homme doit prononcer chaque jour (Mena’hoth
43b). C’est en effet ce qui nous reste dans
notre exil amer, depuis que le Temple a
été détruit, et c’est
ainsi que nous offrons nos sacrifices à
Dieu [Voir ce qu’a écrit à
ce propos le Rav Lev Sim’ha de Gour].
Cela représente effectivement
un rapprochement de la part de l’homme,
car même si nos yeux ne sont plus
témoins des miracles du Temple (Avoth
5, 5) et qu’il n’y a plus de cohanim ni
de léviïm pour assurer leur
service, il n’en reste pas moins qu’en disant
ces bénédictions, nous faisons
la volonté de l’Eternel, ce qui est
une façon de se rapprocher de Lui.
Notre époque a même peut-être
un côté préférable,
en ce que nous sommes obligés d’investir
beaucoup d’efforts dans l’accomplissement
des mitsvoth et l’étude de la Torah,
ce qui est extrêmement important aux
yeux de Dieu.
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