PARACHAT VAYIKRA : 8eme Partie QUELQUES REMARQUES L’élévation par le mérite
de l’humilité et la sainteté
de l’alimentation
Dans le verset « Voici la Torah
[règle] de l’holocauste ... c’est
l’holocauste qui se consume sur le brasier
de l’autel » (Lévitique 6,
2), le mot brasier (mokdah) est écrit
avec un petit mem. Pourquoi ?
Cela vient nous enseigner que l’essentiel
de l’étude de la Torah s’acquiert
par l’humilité, l’effacement et l’abaissement
(se faire petit), comme l’ont écrit
les Sages à de nombreuses reprises
(Avoth 6, 4, Ta’anith 7a, Nédarim
55a, Bemidbar Rabah 19, 26). En effet la
Torah s’acquiert spécifiquement par
l’humilité, comme on le constate
chez Moïse, qui bien qu’il soit monté
au ciel est malgré tout resté
le plus humble de tous les hommes (Nombres
12, 3). Il a eu beau régner sur Israël
pendant quarante ans (Tan’houma Chemoth
7), il est resté humble et la Torah
était en lui. Or l’holocauste évoque
l’humilité, car c’est par l’humilité
qu’on s’élève. On peut également
signaler que dans ces parachioth la Torah
parle des sacrifices propres à la
consommation, et aussi des aliments interdits
(Lévitique 11). Dans la parachat
Vayikra, il est également écrit
: « Vous ne mangerez ni graisse interdite
ni sang ». Car le sang est une allusion
aux désirs et à l’orgueil
(Zohar I, 138a), et les aliments permis
font allusion à l’humilité.
En outre, l’aliment permis évoque
la réparation de l’atteinte à
l’alliance de la circoncision. Quand l’homme
mange cacher, cela a une influence sur lui,
et chez une femme enceinte ce qu’elle mange
a aussi une influence sur l’embryon (Yoma
82b) et, si elle ne fait pas attention,
risque d’être cause de ce qu’il quitte
un jour le droit chemin. Le bébé
se nourrit de ce que mange sa mère,
quand il naît, il est attaché
à sa mère, dont lui provient
toute sa subsistance. C’est cela l’holocauste
sur le brasier sur l’autel, car la nourriture
cacher fait allusion à l’humilité
(le petit mem), et par cet holocauste (OLaH)
on peut s’élever (OLeH).
L’influence du tsadik sur le monde entier
Il est écrit : « Moïse
prit l’huile d’onction, oignit le Temple
et tout son contenu et les sanctifia, en
aspergea sept fois l’autel, oignit ensuite
l’autel et tous ses ustensiles, la cuve
et son support, pour les sanctifier »
(Lévitique 8, 10-11).
Nous pouvons voir dans ce passage une
allusion à l’influence exercée
par le juste, car celui-ci sanctifie l’homme
qui subit son influence par un effacement
de soi total, et sa seule influence suffit
à le sanctifier pour tous les jours
de sa vie. C’est cela « sept fois
», allusion aux soixante-dix ans de
la vie humaine, ainsi qu’il est écrit
: « La durée de notre vie est
de soixante-dix ans » (Psaumes 90,
10). Et l’huile (CHeMeN) évoque l’influence
exercée par le juste sur les âmes
(NeCHaMoth) de chaque génération
qui se trouvent à l’intérieur
du Temple, qui est le corps, comme dans
le verset : « Faites-moi un Temple
et je résiderai à l’intérieur
d’eux » (Exode 25, 5).
Comment l’homme peut-il recevoir du juste
de bonnes influences et de bonnes habitudes
? Uniquement au moyen de l’huile (CHeMeN),
c’est-à-dire le nombre huit (CHeMoNé),
qui représente ce qui est au-dessus
de la nature, et on parvient à ce
niveau en s’abaissant. Mais le mot CheMeN
(huile) peut aussi être lu CHaMeN
(gras). Dans le service de Dieu, il ne faut
pas être lourd comme dans «
Yéchouroun a engraissé (yiCHMaN)
et regimbe » (Deutéronome 32,
15), mais au contraire être semblable
à l’huile pour faire entièrement
la volonté de Dieu, entre autres
en veillant à ne consommer que des
aliments saints et purs. C’est ainsi que
l’on se rapproche de Dieu, et c’est la seule
façon.
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