PARACHAT TAZRI’A : 4eme Partie L’unité vient réparer les plaies et abolir les peines Sur le verset : « S’il se forme
sur la peau d’un homme une tumeur, une dartre
ou une tache » (Lévitique 13,
2), ‘Hokhmat Hamatspoun cite le Ramban en
ces termes : « Le Ramban dit à
propos des plaies en question qu’elles ne
sont pas du tout naturelles et n’existent
pas dans le monde physique. Quand les benei
Israël se conduisent convenablement
avec Dieu, Son esprit les protège
constamment et maintient en bon état
leur corps, leurs vêtements et leurs
maisons. Mais s’il arrive à l’un
d’entre eux de pécher, quelque chose
de laid apparaît dans sa chair, sur
son vêtement ou dans sa maison, pour
montrer que Dieu s’est écarté
de lui. Cela ne se produit toutefois que
dans le pays que Dieu a choisi et où
Il demeure. Par conséquent ces plaies,
qui sont un phénomène surnaturel,
n’apparaissent que si l’homme a de grands
mérites, puisque même les benei
Israël, qui sont le peuple élu,
n’en sont frappés que dans le pays
élu. C’est en effet l’endroit où
il peut se consacrer posément à
connaître Dieu, et où la Chekhinah
peut résider. Tout cela ressort de
ce qu’écrit le Ramban. [Note du rédacteur
: Quand le peuple d’Israël vit sur
sa terre, on sait que la Chekhinah repose
effectivement sur lui, comme il ressort
des formules : « Quiconque vit en
Erets-Israël ressemble à celui
qui a un Dieu » (Ketouboth 110b),
ou encore : « Dieu règne en
Erets-Israël » (Zohar I, 108b).]
Voilà qui paraît extrêmement
surprenant. Pourquoi la lèpre ne
frappe-t-elle l’homme qu’en Erets-Israël,
à l’exclusion de tout autre pays
? Il y a plus : la Torah nous informe que
quand Dieu punit, c’est pour remettre l’homme
sur le droit chemin à la suite d’une
faute. Pourquoi ne le ferait-Il qu’en Erets-Israël
? Enfin, nous constatons en réalité
que même dans les autres pays, il
arrive qu’Il envoie aux pécheurs
des malheurs et des plaies. Que signifie
tout cela ?
Nous allons essayer de l’expliquer le
mieux possible. Erets-Israël est un
symbole d’unité, car au moment de
la création du monde, Dieu a créé
la terre en commençant par la pierre
d’assise (qui s’est trouvée plus
tard dans le Temple) (Yoma 54b, Chir Hachirim
Rabah 3, 18), et c’est à partir de
là le monde entier s’est unifié.
L’homme est également un symbole
d’unité, car la poussière
dont il a été créé
a été ramassée de tous
les coins de l’univers (Sanhédrin
38a, Pirkei Derabbi Eliezer 11), ce qui
est une marque d’unité. Par conséquent
quand il dit du mal de son prochain, il
porte atteinte à l’unité,
car il sépare entre les gens, c’est
pourquoi sa maison, son corps ou ses biens
sont frappés en premier.
Quand quelqu’un habite en dehors d’Erets-Israël
et qu’il lui arrive des ennuis, il doit
savoir qu’il les mérite, car ils
lui viennent de Jérusalem, où
se trouve l’une des trois portes du Guéhénom
(Erouvin 19a). Pourquoi s’y trouve-t-elle
? Pour faire sortir les épreuves
destinées au monde entier. En effet,
il y a en chacun un rapport profond avec
Erets-Israël, même s’il vit ailleurs,
comme Adam dont Dieu a ramassé la
poussière du monde entier quand Il
l’a créé (Sanhédrin
38a). Quiconque attaque l’intégrité
de l’homme doit savoir qu’il a porté
atteinte à l’unité d’Israël,
et qu’il doit en subir les conséquences.
Simplement en dehors d’Erets-Israël,
les plaies prennent un aspect différent.
Nous avons donc bien répondu à
nos deux questions. Il est vrai que tout
vient d’Erets-Israël, qui est l’essentiel
et dont tout provient pour le monde entier.
Il est également exact qu’il y a
des malheurs et des plaies même en
dehors, mais ils sont différents.
Pourquoi tout cela ? Comme on le sait, la
Terre Sainte, plus encore Jérusalem,
et plus encore le Saint des Saints, sont
les lieux les plus élevés
et les plus importants du monde, à
propos desquels il est dit : « Les
yeux de l’Eternel ton Dieu sont sur elle
du début de l’année jusqu'à
la fin de l’année » (Deutéronome
11, 12). Erets-Israël est le lieu de
résidence de Dieu, et de même
qu’Il est unique dans l’univers, les benei
Israël sont uniques au monde (voir
Zohar II, 16b), ils doivent donc vivre dans
l’unité, sans orgueil et sans prétention,
pour que Dieu réside avec eux, et
tirer la leçon du fait que l’unité
du monde s’opère à partir
d’Erets-Israël, même si les hommes
ne sont pas dignes de la sainteté
de la Terre. Donc celui qui s’enorgueillit
(mitNaSSé) frappe l’unité
de Dieu, l’unité d’Erets-Israël,
et l’unité du peuple, et il est puni
mesure pour mesure par la plaie qui s’appelle
SET, de la même racine que le mot
hitNaSSouT (« orgueil »), ainsi
que par les autres plaies (SaPaH’at et BaHéRèt),
car il a nui à la clarté (BeHiRout)
de l’unité, et n’a pas réalisé
le rassemblement (SaPa’Hat).
Je vais maintenant expliquer les différentes
sortes de plaies et leurs causes. SaPa’Hat
est formé des mêmes lettres
que SA’H TAF, où SA’H désigne
la parole, ce qui est une allusion à
la médisance, et TAF a la valeur
numérique de Lilith (le nom d’une
des forces du mal), c’est-à-dire
qu’en disant du mal d’autrui on donne de
la force à la kelipah en Terre Sainte,
pour qu’elle puisse s’y installer. La médisance
entraîne les plaies et la lèpre
(Arakhin 16a), on est donc frappé
par la Sapa’hat.
Quant à BaHéRet, les lettres
de ce mot rappellent celles de l’expression
HaRaT olam (« l’engendrement du monde
»), car la médisance abîme
véritablement toute la création,
elle est donc punie de BaHéRet. Enfin,
nous avons déjà expliqué
que SET signifie l’orgueil, qui porte atteinte
à l’unité de Dieu, à
l’unité d’Erets-Israël et à
l’unité du peuple d’Israël.
Ayant dit que celui qui pèche
par médisance affecte l’unité
de tout cela, nous pouvons à présent
répondre à l’objection suivante
qui m’a été faite : pourquoi
est-ce que l’homme est impur lorsqu’il est
frappé dans une petite partie de
son corps, alors qu’il est pur si tout son
corps est atteint, ainsi qu’il est écrit
: « S’il est devenu entièrement
blanc, il est pur » (Lévitique
13, 13) ?
Cela aussi fait partie des bontés
de Dieu. Il suggère à l’homme
que s’il pèche un peu, les plaies
sont mineures, mais que pour l’empêcher
de continuer sur cette voie, on l’avertit
par de petites plaies dans son corps ou
sa maison, afin qu’il se repente, avec l’aide
du cohen. Cependant s’il commet de nombreuses
fautes, les plaies attaquent tout son corps,
et alors la Torah nous dit qu’il est complètement
pur, parce que Dieu dans Sa grande bonté
ne souhaite pas la mort du méchant,
mais qu’il se repente et vive (Ezéchiel
33, 11). Il lui fait la grâce de le
rendre pur pour qu’il se repente et ne soit
pas désespéré par la
gravité de ses fautes. C’est comparable
au processus de la vache rousse : celui
qui la brûle devient impur, alors
qu’elle purifie ceux qui étaient
impurs (voir Nombres 19, 8, 19). Ainsi en
a décrété Sa sagesse,
et il est interdit de contester Sa façon
de conduire le monde ou les mitsvoth qu’Il
nous a données.
Il est possible que ce soit cela le lien
entre les parachioth Tazri’a-Metsora et
Chemini, car dans Chemini il est dit que
la Chekhinah ne descend sur le Tabernacle
et sur les benei Israël que lorsqu’ils
observent la pureté de la vie conjugale
(Tazri’a), ainsi que la pureté du
langage (Metsora), faute de quoi elle les
quitte (voir Chabath 33a). De plus, la Guemara
enseigne que le Temple a été
détruit à cause de la médisance
et de la haine gratuite (Yoma 9b).
Lorsqu’il est dit dans la parachat Tazri’a
(Lévitique 12, 2) : « Quand
une femme devient féconde et donne
naissance à un fils », il s’agit
d’une femme qui obéit à son
mari, vit avec lui dans la paix et la sérénité,
et prévient ses moindres désirs.
« Elle donne naissance à un
fils » signifie qu’elle fait sa volonté
(voir Rambam, Hilkhoth Déoth Sotah
12a), car c’est comme si elle avait engendré
son mari, elle est envers lui comme une
mère qui s’occupe de son bébé,
entend ses pleurs et a pitié de lui.
Alors, s’ils vivent en paix dans la sainteté,
la Chekhinah réside entre eux : si
l’homme et la femme le méritent,
la Chekhinah est entre eux, dans le cas
contraire le feu les dévore (Sotah
17a, Pessikta Zoutah Béréchith
2, 23), ils s’enflamment de désir
interdit, et il ne reste que le feu (Kalah
Rabati 1). C’est là le lien entre
les parachioth. Comment arrive-t-on à
l’unité totale et à la réparation
de tout ce qui a été abîmé
? En gardant sa langue et en observant les
lois de la pureté familiale.
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