PARACHAT METZORA : 3eme Partie Quelques remarques Les Sages affirment que quiconque dit
du mal d’autrui est frappé de lèpre
(Arakhin 16a), et que le mot metsor’a évoque
phonétiquement MoTSi R’A («
celui qui propage le mal ») (Arakhin
15b, Vayikra Rabah 15a). De quoi s’agit-il
? Quand un homme dit du mal d’autrui, il
ressemble à quelqu’un qui sème
des graines dans la terre : au bout d’un
certain temps, la terre fait sortir plusieurs
dizaines de fois ce qu’on a semé
en elle. Ainsi celui qui dit du mal raconte
son histoire, puis celui qui l’a écouté
réfléchit à ce qu’il
a entendu, et quand il va le raconter à
son tour il en rajoute un peu. C’est la
raison pour laquelle les Sages ont dit que
la médisance tue trois personnes,
celui qui la profère, celui qui l’écoute
et celui dont on a parlé (Arakhin
15b) : chacun amplifie l’histoire, et on
en arrive à « une langue qui
raconte beaucoup de choses » (Psaumes
12, 4).
C’est peut-être cela le lien entre
la parachat Tazri’a et la parachat Metsor’a.
On sait que la femme a l’habitude de bavarder,
comme les Sages le mentionnent à
plusieurs reprises, par exemple «
dix mesures de parole sont descendues dans
le monde, les femmes en ont pris neuf »
(Bérakhoth 48b, Béréchith
Rabah 70 10, Devarim Rabah 5), par conséquent
de même que la femme engendre («
sème ») et donne naissance
ensuite, celui qui dit du mal d’autrui «
sème » d’abord (Tazri’a...)
et met au monde de grandes fautes, car comme
nous venons de le dire, les mensonges viennent
s’ajouter aux paroles malveillantes. Alors
il mérite un châtiment si grand
qu’il est frappé de plaies et de
lèpre (Metsor’a...). On comprend
donc parfaitement le lien entre la parachat
Tazri’a et la parachat Metsor’a.
Et si nous avons raison, on peut ajouter
qu’il est écrit « Dis aux cohanim
(...) et dis-leur » (Lévitique
21, 1), répétition de dis
qui suscite le commentaire suivant : c’est
pour mettre les grands en garde à
propos des petits (Yébamoth 114a).
Cela signifie que les grands et les tsaddikim
doivent mettre en garde leur génération
contre la tentation de dire du mal d’autrui.
Même quand on ne raconte que de petites
choses, des histoires sans importance, dont
on n’a pas l’impression de l’extérieur
que cela puisse être bien méchant,
et même s’il s’agit seulement d’un
soupçon de médisance (appelé
techniquement « poussière de
mauvaise langue »), c’est à
éviter à tout prix, car la
Guemara affirme que tout le monde tombe
dans ce travers (Baba Batra 165a). Cette
« poussière » risque
de se développer en « une langue
qui raconte beaucoup de choses »,
car le fait de semer implique qu’il y a
naissance et développement.
Que doit donc faire celui qui cherche
sincèrement à réparer
cette faute, à l’instar du lépreux
le jour où il se purifie (cf. Lévitique
14, 2) ? Il est écrit : « Voici
(zot) quelle sera la loi (Torah) du lépreux
le jour de sa purification », à
savoir qu’il sera purifié au moyen
de zot, par la Torah qui s’appelle zot (Mena’hoth
53b) et par la Chekhinah qui s’appelle zot
(Zohar III 56b, 62a). S’il s’investit dans
la Torah, se rapproche de Dieu et croit
en Lui, alors il aura la purification de
toutes ses plaies et de sa lèpre
en ce monde-ci et dans le monde à
venir.
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