PARACHAT A’HAREI-MOT : 3eme Partie Le bouc pour Azazel est une façon de faire taire nos accusateurs Il est écrit : « Le bouc
que le sort aura désigné pour
Azazel (...) sera envoyé à
Azazel dans le désert » (Lévitique
16, 10), et encore : « Le bouc emportera
sur lui tous leurs péchés
dans un pays solitaire, on enverra le bouc
dans le désert » (Ibid. 22).
Les Sages ont dit que le jour de Kippour,
Dieu a pardonné à Israël
la faute du Veau d’Or dans la joie, et a
dit à Moïse « J’ai pardonné
comme tu l’avais demandé »
(Nombres 14, 20) (Seder Olam 86, Tan'houma
Tissa 20, Rachi sur Deutéronome 9,
18), après quoi Moïse est descendu
de la montagne en portant dans ses deux
mains les deuxièmes Tables de la
Loi. Il est écrit en effet : «
Car en ce jour il vous sera pardonné
afin de vous purifier » (Lévitique
16, 30).
Il nous ont également enseigné
(voir entre autres Pirkei Derabbi Eliezer
46, Zohar I 190a, II 237b) que le fait d’envoyer
le bouc pour Azazel au désert (au
lieu de le sacrifier dans le Temple) représente
un cadeau que Dieu envoie à Esaü,
qui est le Satan (Ibid. I, 170b), ainsi
que le mauvais penchant (Ibid. II, 42a)
et l’ange de la mort (Tikounei Zohar MiZohar
‘Hadach 171a), afin de le soudoyer pour
qu’il ne vienne pas déranger la sainteté
de ce jour en s’attaquant aux benei Israël.
C’est la même idée que celle
du cadeau envoyé par Jacob à
son frère Esaü pour assouvir
sa convoitise et l’inciter à s’en
aller et à se détourner de
lui.
Le Midrach nous parle de deux bons chevreaux
(Béréchith Rabah 65, 10),
bons pour toi (Jacob) parce qu’ils vont
te permettre de prendre les bénédictions,
et bons pour tes descendants, qui grâce
à eux recevront le pardon le jour
de Kippour, ainsi qu’il est écrit
: « Car en ce jour il vous sera pardonné
pour vous purifier, etc. » (Lévitique
16, 30). Le bouc à Azazel est donc
un cadeau adressé à Esaü
de la part du Roi.
Tout cela paraît incompréhensible.
1) Pourquoi est-il nécessaire de
suborner l’ange tutélaire d’Esaü
plutôt que celui de tout autre peuple
? 2) Dieu ne pourrait-il fermer la bouche
aux accusateurs des benei Israël sans
cadeau corrupteur ? 3) Il faut aussi comprendre
pourquoi le bouc, qui est un cadeau à
Esaü, a reçu le nom de «
bouc pour Azazel » plutôt que
tout autre nom ? (voir à ce propos
Torath Cohanim 16, 28, Yoma 67b).
Il faut enfin expliquer la descente de
Moïse le jour de Kippour. Pourquoi
a-t-il dû rester sur la montagne quarante
jours et quarante nuits pour recevoir les
deuxièmes tables (« Je suis
resté sur la montagne comme la première
fois, quarante jours et quarante nuits »
(Deutéronome 10, 10)) ? N’aurait-il
pas suffi qu’il monte et redescende avec
immédiatement, sans s’attarder ?
Il connaissait déjà la Torah
de la fois précédente, puisque
le jour Dieu lui apprenait la Torah écrite
et la nuit la Torah orale (Chemoth Rabah
fin de Michpatim, Tan'houma Tissa 28). Fallait-il
donc recommencer à tout étudier
? Et pourquoi est-il redescendu le jour
de Kippour plutôt que tout autre jour
? (à ce propos, voir Rachi sur Deutéronome
9, 18 et autres commentateurs).
Pour expliquer tout cela, voyons en introduction
ce que disent les Sages (Béréchith
Rabah 65, 20, Peti’hah de Eikha Rabah 2)
à propos du verset « La voix
est la voix de Jacob et les mains sont les
mains d’Esaü » (Genèse
27, 22), à savoir qu’au moment où
la voix de Jacob se fait entendre dans les
lieux de prière et d’étude,
les mains d’Esaü n’ont aucun pouvoir.
Sur le verset « Quand tu gémiras,
tu t’affranchiras de son joug » (Ibid.
27, 40), ils ont également dit (Béréchith
Rabah 67, 7, Rachi et Yonathan Ibid.) que
la bénédiction d’Isaac à
Esaü signifiait que lorsque Jacob s’affranchirait
du joug de la Torah, il pourrait le vaincre.
Cette bénédiction est donc
le fondement de toute l’existence de Jacob
et du peuple d’Israël pour toutes les
générations, car le monde
entier n’existe que par le mérite
de la présence de la Chekhinah et
de l’étude de la Torah. Quand la
Chekhinah ne réside pas en bas, le
monde ne peut plus subsister, or elle n’est
là que par le mérite de la
Torah, qui « donne de la force à
Dieu » (d’après Psaumes 68,
35), par conséquent sans Torah le
monde ne peut se maintenir à l’existence,
ainsi qu’il est écrit : « Si
mon alliance avec le jour et la nuit cessait
de subsister, Je n’aurais pas fixé
de lois au ciel et à la terre »
(Jérémie 33, 25), ce qui est
interprété comme signifiant
: sans la Torah, le ciel et la terre ne
pourraient subsister (Pessa’him 68b, Nédarim
32a). Pour le Zohar (I 185a), « Tout
se tient par l’existence de la Torah, et
le monde ne continue à exister que
par la Torah ». La Torah est l’existence
des êtres supérieurs et des
êtres inférieurs, et même
au cas où le monde continuerait peut-être
à exister, malgré tout sans
elle la main d’Esaü détiendrait
le pouvoir.
C’est l’allusion qu’a faite Isaac à
Jacob : ou bien la voix de la Torah se fera
entendre, ou bien c’est malheureusement
la voix d’Esaü qui se fera entendre.
Par conséquent, l’arme principale
de Jacob contre Esaü est la Torah qui
est le but de toute la Création,
et au moyen de laquelle l’homme peut influer
sur tous les mondes avec une puissance extraordinaire
pour la sanctification du Nom de Dieu.
On comprend donc parfaitement pourquoi
à Kippour on tente de corrompre l’ange
tutélaire d’Esaü et non un autre
: c’est que la cause profonde de toutes
les fautes est la négligence dans
l’étude de la Torah, et que lorsque
la voix de Jacob ne se fait pas entendre,
la voix et la main d’Esaü y gagnent
la puissance de faire du mal et d’attaquer
les benei Israël le jour de Kippour,
ce terrible jour où ils sont jugés
sur la négligence dans l’étude
de la Torah. La voix d’Esaü accuse,
or on ne peut pas modifier les parole d’Isaac,
et la justice doit suivre son cours. C’est
pourquoi on suborne l’ange d’Esaü avec
un bouc, qui est choisi par le cohen gadol.
Celui-ci lui impose les mains et prononce
sur lui le Nom de Dieu. Cela donne au Satan
une nourriture considérable qui l’incite
à se taire et à renoncer à
présenter les paquets de fautes dont
il avait l’intention d’accuser les benei
Israël. De plus, pour obtenir ce présent
il est également disposé à
juger favorablement les benei Israël
et à prendre leur défense
(Pirkei Derabbi Eliezer 46). S’il n’a absolument
pas la permission d’accuser le jour de Kippour
(Yoma 20a, Nédarim 32b), c’est parce
qu’il a reçu cet immense cadeau et
qu’il jouit de ce bouc.
Cela reste vrai de nos jours, où
il n’y a plus de Temple et où l’on
n’envoie plus le bouc à Azazel :
on continue à lire ce passage le
jour de Kippour, pour que cela nous soit
considéré comme si nous l’avions
suborné par ce cadeau, comme dans
l’expression « nos lèvres remplaceront
les taureaux » (Osée 14, 3).
Notre prière opère elle aussi
une expiation, étant donné
qu’elle remplace les sacrifices (Bérakhoth
26b, Zohar II, 20b), tout cela pour le faire
taire afin qu’il n’accuse pas les benei
Israël. C’est pourquoi nous évoquons
tout le service de Kippour dans la prière
: elle s’appelle un service, et elle a les
mêmes effets (Sifri Ekev 11, 13).
Nous pouvons maintenant analyser le mot
Azazel, dont la valeur numérique
se décompose en AZ et HoL («
insolent » et « profane »),
ce qui signifie qu’au lieu de le laisser
accuser les benei Israël dans son insolence
(AZouth), Dieu le domine, le fait taire
et le rend profane (HouLin) par le cadeau
corrupteur qu’il reçoit. De plus,
le mot LaAzazel (« pour Azazel »)
a la même valeur numérique
que AZ et SaH, ce qui constitue une allusion
au Satan qui parle (SaH) continuellement
pour accuser les benei Israël, sans
aucune honte. Mais le jour de Kippour Dieu
le fait taire et le rend profane (HouLin)
et sujet de dérision dans tous les
mondes, au point qu’il se voit repoussé
du domaine de l’Eternel, tout cela par l’importance
de l’étude de la Torah, qui couvre
la voix d’Esaü. Or cette voix qui s’élève
des synagogues et des lieux d’étude
a le pouvoir de fermer la bouche aux accusateurs
non seulement le jour de Kippour, mais aussi
tous les jours de l’année.
On peut faire la même analyse du
mot Pessa’h, qui se décompose en
PeH SaH (« la bouche qui parle »).
Cela signifie que lorsque les juifs racontent
les merveilles de la sortie d’Egypte, ils
font taire la voix d’Esaü l’accusateur,
qui est pourtant extrêmement puissante.
Ajoutons en outre que Pessah est formé
des initiales de PaH SaH (« filet
parlant »), ce qui veut dire qu’en
racontant les histoires en question, nous
dominons la kelipah qui ressemble à
un filet parlant, image évoquée
par le verset « Notre âme a
été sauvée du filet
des oiseleurs, le filet s’est rompu, et
nous nous sommes échappés
» (Psaumes 124, 7).
Tout ceci doit nous enseigner la gravité
de la négligence dans l’étude
de la Torah et le tort qu’elle peut causer,
car elle permet aux accusateurs d’ouvrir
la bouche, et alors seul Dieu dans Sa miséricorde
peut les faire taire. Il le fait le jour
de Kippour, mais en attendant les dommages
sont grands, c’est pourquoi il est clair
que pendant toute l’année, il est
interdit de négliger d’avoir la Torah
en bouche.
Nous comprenons à présent
pourquoi Moïse a choisi de descendre
avec les deuxièmes tables le jour
de Kippour et non un autre : il voulait
montrer aux benei Israël que seule
la force de la Torah peut fermer la bouche
aux accusateurs, et ceci le jour de Kippour
(au moyen du cadeau corrupteur), de façon
à ce que l’ange tutélaire
d’Esaü s’abaisse devant la sainteté.
Moïse leur a également annoncé
que la faute du Veau d’Or leur avait été
pardonnée, et a fait une allusion
au fait que par le repentir et la Torah,
Dieu ferme la bouche aux accusateurs avec
ce cadeau corrupteur. Quelle merveille que
cet amour de Dieu pour Israël !
On peut encore ajouter à ce propos
que le mot « Kippour » est fait
des mêmes lettres que PI RaKH («
ma bouche est tendre »), ce qui signifie
que le repentir et l’abaissement des benei
Israël le jour de Kippour les rendent
tendres aux yeux de Dieu, et aussi qu’ils
affinent leur bouche par le jeûne
et les prières, ainsi qu’il est dit
: « le service du cœur, c’est la prière
» (Ta’anith 2b, Pirkei Derabbi Eliezer
16). Cette conduite provoque un éveil
d’en haut, si bien que Dieu fait taire la
bouche (« PeH ») qui parle («
SaH ») pour accuser les benei Israël,
ce qui nous montre jusqu’où va la
force de ce jour, pour qu’il ait le pouvoir
de faire tout pardonner !
C’est la raison pour laquelle Moïse
est monté au ciel pendant le mois
d’Elloul, entièrement placé
sous le signe de la stricte justice. Il
s’y est consacré à l’étude
et à la prière, a révisé
ce qu’il avait étudié la fois
précédente pour faire taire
les accusateurs au moyen de sa Torah, et
a aussi ajouté les deux jours de
Roch Hachanah, où Dieu passe du trône
de la justice au trône de la miséricorde.
A ce moment-là il a atteint le niveau
de LeV (« cœur », mot dont la
valeur numérique est trente-deux,
ce qui évoque les trente jours du
mois d’Elloul et les deux jours de Roch
Hachanah), car Dieu désire le cœur
(Sanhédrin 106b, Zohar II 165b),
et on peut appliquer à ce jour le
verset « O Dieu, crée pour
moi un cœur pur » (Psaumes 51, 12).
D’un côté on a donc LeV, et
de l’autre LI (valeur numérique :
quarante, à savoir les quarante jours
du don de la Torah (Mena’hoth 99b)). Ensemble,
ces deux mots ont une valeur numérique
de soixante-douze, ce qui évoque
le Nom sacré de soixante-douze lettres.
Pendant les huit jours qui séparent
Roch Hachanah de Kippour, Moïse s’est
élevé au niveau du huit, au-dessus
de la nature (cf. Lévitique 9, 1),
et à ce moment-là, le jour
de Kippour il a mérité le
pardon pour tous les benei Israël,
ainsi que Dieu le lui a dit : « J’ai
pardonné selon tes paroles »
(voir Rachi sur Deutéronome 9, 18).
Il était donc important qu’il
reste sur la montagne quarante jours et
quarante nuits cette fois-là également
(Deutéronome 10, 10), car par son
influence sur les benei Israël il les
a élevés avec lui jusque dans
la sphère supérieure. De plus,
quarante jours et quarante nuits font ensemble
quatre-vingts. La lettre qui a cette valeur
numérique est le PeH (mot qui signifie
également « la bouche »).
Cela veut dire que par ce séjour
sur la montagne, Moïse a réparé
ce qui avait trait à la voix, la
voix de la Torah qui sort de la bouche («
PeH »), et a donné pour ainsi
dire du pouvoir à Dieu, en réduisant
l’écorce d’impureté au point
de la neutraliser totalement.
Dans le même ordre d’idées,
examinons les quarante jours de pardon qui
séparent le premier Elloul de Kippour.
Comme on le sait, Moïse avait déjà
passé quarante jours sur la montagne
une première fois, du 18 Tamouz jusqu’à
Roch ‘Hodech Elloul, et c’était une
période où Dieu était
en colère. On trouve une allusion
à cette colère dans ce qu’écrit
le Maguid Mécharim du Rav Yossef
Caro (ainsi que dans le Séfer Hayétsirah)
: les mois de Tamouz et Av sont des mois
rigoureux, et ensuite vient Elloul, c’est
pourquoi tous se lèvent tôt
pendant Elloul pour dire les seli’hoth.
Si l’on arrive à réparer ce
qui doit l’être en Tamouz et Av, le
repentir n’est plus nécessaire en
Elloul, comme il est écrit au nom
du Rav Chmelke de Nickelsbourg sur le verset
« J’ai fait un pacte avec mes yeux
: pourquoi observerais-je une vierge ? »
(Job 31, 1), ce qui désigne le mois
d’Elloul (placé sous le signe de
la Vierge) : si je me suis conduit irréprochablement
auparavant, je n’ai pas besoin d’observer
des précautions supplémentaires
en Elloul. Mais le Satan réussit
à faire partir tout le monde en vacances
précisément pendant la période
de Tamouz et Av, si bien que la Torah se
trouve négligée, alors que
c’est cette négligence même
qui a provoqué la destruction du
Temple (Chabath 119b). Les vacances se prolongent
jusqu’en Elloul, et on donne donc ainsi
de la force à la kelipah. C’est pourquoi
Moïse a vécu ces jours-là
dans la colère de Dieu.
Et malgré tout, dans les quarante
jours qui séparent Roch ‘Hodech Elloul
de Kippour, il est fait allusion au fait
qu’on peut tout réparer, faire taire
la force accusatrice et s’élever
dans la Torah, voire au-dessus de la nature,
comme un ange ou un séraphin. C’est
cela que doit être le service de tout
juif pendant cette période : réduire
au silence la bouche d’Esaü et de son
ange tutélaire, afin qu’ils n’accusent
pas les benei Israël de négliger
la Torah pendant toute l’année.
Nous avons cité le fait que l’étude
du passage des deux boucs est considérée
comme si l’on avait offert des sacrifices
: « Quiconque étudie les lois
de l’holocauste, c’est comme s’il sacrifiait
un holocauste » (Mena’hoth 110a),
c’est donc comme si nous avions offert un
sacrifice à Dieu et un sacrifice
à Azazel. Ce mot peut se lire AZ
AZAL (« l’insolent a quitté
»), à savoir que l’insolence
qui était en lui a disparu à
cause du cadeau corrupteur reçu de
Dieu, qui l’a complètement neutralisé,
au point que sa force d’accusation a disparu
totalement. De plus, le mot AZAL a la même
valeur numérique que LaH, qui représente
les initiales de Lo ‘Hayavim (« non
coupables »). Car désormais,
il n’y a plus d’accusation, et les benei
Israël sont déclarés
innocents en toute justice, ce qui montre
que le cadeau fait au Satan lui paraît
préférable aux paniers de
fautes des benei Israël. C’est un grand
bienfait de Dieu envers les benei Israël
pour fermer la bouche à nos accusateurs,
et il s’exerce le jour de Kippour, moment
où Dieu se souvient de la cendre
de Nadav et Avihou, dont Il a dit «
Je me sanctifierai par mes proches »
(Lévitique 10, 3), qui sont morts
pour la sanctification de Son Nom, et dont
on lit l’histoire le jour de Kippour. Il
se souvient également de la cendre
d’Isaac qui est rassemblée devant
Lui sur l’autel (Vayikra Rabah 36, 4), et
Il inclut dans ce souvenir tous les justes
de toutes les générations
qui sont morts pour sanctifier Son Nom.
Le Zohar (III 7b) affirme que les benei
Israël « nourrissent »
leur père des Cieux. Quand nous réfléchissons
à cette idée, l’étroitesse
de notre esprit a du mal à concevoir
que comment l’homme, fait de poussière
et appelé à retourner à
la poussière (Genèse 3, 19)
puisse « nourrir » Dieu, qui
est Tout-Puissant et nourrit le monde entier
!
Mais Sa volonté est que les benei
Israël Lui demeurent attachés
à tout moment par la sainte Torah,
et c’est cela qui Lui donne la vigueur de
pouvoir diffuser Sa lumière sur nous,
sans entendre la voix des accusateurs. C’est
une situation lourde de responsabilité
pour les benei Israël, car ils ne peuvent
donner à la main de Dieu la force
de faire taire les accusateurs que par la
Torah. Le Rabbi de Radomsk traite de cette
question dans Tiféret Chelomo, à
la fin de la parachat A’harei Mot, sur le
verset : « Vous observerez mes statuts
et mes lois que l’homme fera et par lesquels
il vivra » (Lévitique 18, 5).
Voici ce qu’il dit : « Toutes les
mitsvoth accomplies par les benei Israël
viennent régénérer
la stature du premier homme, dont dépendent
toutes les âmes (Tikounei Zohar, Tikoun
56, 90b) ; c’est ce que signifie «
que l’homme fera et par lesquelles il vivra,
Je suis l’Eternel », que l’on peut
lire également : « et Je vis
par elles, moi l’Eternel », à
savoir qu’elles sont pour ainsi dire la
vitalité de Dieu, ce que la guemara
exprime en disant que les benei Israël
« nourrissent » leur père
des Cieux. »
Ces notions sont à la base de
nos préparatifs la veille de Kippour,
lorsque nous nous repentons en prenant sur
nous de ne plus faire désormais que
le bien : de cette façon nous «
nourrissons » Dieu, et ainsi nous
Lui donnons des forces pour faire taire
tous ceux qui nous accusent. Si dans le
monde entier il n’y avait personne pour
se repentir, alors les justes de la génération
viendraient au secours de la génération
entière, comme Rabbi Chimon bar Yo’haï
et son fils Rabbi Elazar qui ont estimé
qu’ils avaient la possibilité
de délivrer du jugement le monde
entier, depuis le jour de la Création
jusqu’à leur époque (Soukah
45b). Leur force allait jusque là.
Mais comme nous l’avons expliqué,
le repentir ne suffit pas à réduire
le Satan au silence, il continue à
accuser jusqu’à ce que Dieu lui donne
pour ainsi dire en personne un cadeau pour
le faire taire. Qui est à l’origine
de ce don ? Ceux qui Le nourrissent par
la Torah, les mitsvoth et les bonnes actions.
C’est là le lien entre l’homme et
Dieu, car Dieu accorde à Ses créatures
le bienfait de pouvoir pénétrer
à l’intérieur même de
Lui par la force de leur attachement...
et elles Lui donnent alors la force de réduire
le Satan au silence, dans un double mouvement
de don et de profit ; ils méritent
alors le pardon, sans quoi nul ne pourrait
tenir devant le Satan et sa clique.
Béni soit le Nom de Dieu, qui
dit au Satan : Voici un beau cadeau, va-t’en
loin de Moi et loin des benei Israël
qui Me nourrissent par leur Torah, car sans
eux Je ne pourrais pas du tout te nourrir.
C’est absolument inconcevable, et il s’agit
d’un secret très profond.
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