PARACHAT A’HAREI-MOT : 4eme Partie Ne suivez pas leurs coutumes Celui qui nous a choisis parmi toutes
les nations (Bérakhoth 11b) nous
a séparés d’elles dans Son
infinie miséricorde en nous donnant
la sainte Torah. Il a fait de nous le peuple
élu, nous a rendus différents
des autres peuples de la terre et nous a
enjoint de ne pas les imiter, ainsi qu’il
est écrit : « Ne vous conformez
pas à leurs lois » (Lévitique
18, 3), ou encore « N’adoptez pas
les lois de ce peuple » (Ibid. 20,
23). Pour être Ses fidèles
serviteurs, nous avons le devoir de ne pas
leur ressembler et ne pas imiter leurs actions.
De nos jours, nous ne pouvons nous empêcher
de poser une question difficile : comment
est-il possible de distinguer entre un juif
et un non-juif ? Je sors de chez moi, je
constate que tout le monde se ressemble,
et je ne sais pas qui est le juif. La question
de l’identité juive se pose à
l’heure actuelle en Erets-Israël, à
propos des descendants des mariages mixtes.
Mais ce n’est pas évident même
chez ceux dont la naissance ne comporte
aucun élément de doute.
Voici une histoire qui m’est arrivée.
Un jour, à Lyon, j’ai emmené
avec moi à la gare un juif qui marchait
tête nue, et je lui ai demandé
: « Es-tu juif ? » Il m’a regardé
avec étonnement : « Bien sûr
que je suis juif, et même croyant
! Pourquoi le Rav me pose-t-il une question
pareille ? - Je lui ai répondu :
Viens avec moi maintenant, et je vais te
montrer ce que c’est qu’un vrai juif. »
J’ai sorti une kipah blanche de ma poche,
je la lui ai mise sur la tête et je
lui ai dit : « Maintenant, suis-moi.
» Il marchait, et tout le monde a
commencé à le regarder, certains
en se moquant de lui. Il me suivait avec
stupéfaction et m’a demandé
: « Que m’a fait le Rav ? Tout le
monde me regarde comme s’ils voulaient m’avaler...
- Alors je lui ai demandé : Pourquoi
est-ce qu’hier personne ne voulait t’avaler
? » Il s’est tu et n’a rien répondu.
Je lui ai dit : « Hier tu leur ressemblais,
tu étais vraiment comme eux, alors
qu’aujourd’hui tu es un autre homme qui
n’a aucun rapport avec eux. Hier tu étais
un goy et aujourd’hui tu es un juif, comme
le dit le Rambam : « Hier tu étais
méprisé et vil (...) et aujourd’hui
tu es aimé, proche etc. » (Hilkhoth
Techouvah ch. 7 halakhah 6). Hier on ne
te remarquait pas parce que tu ressemblais
à tout le monde, et aujourd’hui ils
sont fâchés contre toi parce
que tu t’es moqué d’eux : jusqu’à
présent ils te prenaient pour un
goy comme eux, alors que tu es juif ! C’est
cela un vrai juif, il faut se conduire comme
un juif et ressembler à un juif,
aussi bien dehors qu’à la maison,
la bouche et le cœur doivent être
en accord (Teroumoth 3, 8, Pessa’him 63b)
».
Voici une autre histoire du même
genre. Un jour, j’ai rencontré quelqu’un
dans la rue et il m’a dit « Bonjour,
Rabbi ». Je l’ai regardé, et
j’ai continué à marcher sans
lui répondre. Il s’est mis en colère
et a couru derrière moi pour me dire
: « Pourquoi est-ce les rabbanim ne
sont pas polis ? » Je lui ai demandé
ce que je lui avais fait, et il m’a répondu
qu’il m’avait salué en m’appelant
Rabbi et que je n’avais pas réagi.
Je lui ai répondu : « Aujourd’hui,
même les non-juifs parlent hébreu
pour se moquer des juifs, c’est pourquoi
je n’ai rien répondu... » Alors
il s’est vexé et m’a dit : «
Mais moi je ne suis pas un goy, je suis
un juif comme vous ! - D’où
puis-je savoir que vous êtes juif,
lui ai-je répliqué, est-ce
à cause de la langue que vous parlez
? Si c’est la langue sainte qui me ferait
croire que vous êtes juif (comme il
est écrit à propos de Joseph
: « Car ma bouche vous parle (Genèse
45, 12), dans la langue sainte (Béréchith
Rabah 93, 10, Rachi Ibid.), pour leur montrer
qu’il était juif), aujourd’hui même
les arabes parlent hébreu pour faire
croire aux gens qu’ils sont juifs. Portez
donc une kipah sur la tête et conduisez-vous
comme un juif, de cette façon je
saurai que vous êtes juif. »
L’homme m’a répondu : « Que
le Rav m’excuse, il a raison, mais j’ai
honte de porter une kipah... - Un vrai juif
est quelqu’un qui n’a pas honte de le montrer,
pas comme ceux qui font beaucoup de bruit
dans les synagogues alors qu’au dehors ils
se déguisent en non-juifs... »
L’homme m’a répondu : « Le
Rav ne pense-t-il pas qu’en portant une
kipah à l’extérieur, nous
attisons la colère des non-juifs
et qu’il y a de plus en plus d’antisémitisme
? - Ce n’est pas la même chose, si
tous les juifs du monde entier et surtout
de France portaient la kipah, le premier
jour les Français seraient sous le
choc en voyant combien de juifs il y a en
France. Mais ensuite ils s’habitueraient
à voir des juifs avec la kipah.
Seulement quand c’est un seul individu
qui porte la kipah, c’est différent,
parce qu’ils n’ont pas l’habitude, ils s’imaginent
que ce juif est une écharde dans
leur chair et ils le détestent. Je
vais vous donner un exemple - ai-je ajouté.
Au début, les fanatiques du rock
ont commencé à porter des
vêtements bizarres et tout le monde
se moquait d’eux, la même chose pour
les Hell Angels et pour les skinheads au
crâne rasé. Tout le monde s’est
moqué d’eux au début, mais
ensuite on s’est habitué à
la laideur de leur accoutrement et c’est
eux maintenant qui se moquent de tout le
monde. Il n’y a donc pas besoin d’avoir
honte vis-à-vis des non-juifs si
eux-mêmes n’ont pas honte de leurs
fous. Tout ce que nous devons faire, c’est
nous distinguer d’eux et nous conduire à
notre manière à nous, les
juifs. »
En effet toutes les bêtises des
goyim n’ont aucune espèce d’intérêt,
c’est pourquoi personne n’y fait attention,
alors que notre façon de vivre repose
sur les fondements de notre sainte Torah.
Ce n’est pas par hasard que le mauvais penchant
nous pousse à avoir honte de nos
voisins, mais il n’y a aucune raison, non
plus que de se sentir embarrassé
envers quiconque se moque de nous, comme
l’écrit le Rema (Ora’h ‘Haïm
1, 1), ou gêné de se
couvrir la tête, car c’est cela qui
nous donne la crainte du Ciel (Chabath 156b,
voir aussi Kidouchin 33a). Si nous voulons
vaincre le mauvais penchant et extirper
cette honte de nos cœurs, nous devons étudier
la Torah le plus possible, car elle représente
l’antidote au mauvais penchant (Kidouchin
30b, Baba Batra 16a), et aller jusqu’à
nous tuer dans la tente de la Torah, ainsi
qu’il est écrit : « Voici la
Torah, l’homme qui meurt dans la tente »
(Nombres 19, 14). En effet, les paroles
de Torah n’ont un effet que chez celui qui
se tue pour elle (Bérakhoth 63b,
Chabath 83b), et l’étude éveille
dans le cœur l’amour et la crainte intérieure
de Dieu. A ce moment-là il ne reste
plus de place pour la honte ou la crainte
de quoi que ce soit, et on sera prêt
à donner sa vie pour sanctifier le
Nom de Dieu (voir Rambam Hilkhoth Yessodei
HaTorah ch. 5). L’homme doit savoir que
c’est cela l’essentiel du service de Dieu.
La Guemara enseigne : « Que doit
faire l’homme pour devenir sage ? Consacrer
beaucoup de temps à l’étude
et peu au commerce » (Nidah 70b).
Elle ajoute que beaucoup se sont comportés
ainsi sans résultat, et que dans
ce cas-là il faut implorer Celui
à qui appartient la sagesse, ainsi
qu’il est dit : « C’est Dieu qui donne
la sagesse, de Sa bouche viennent le discernement
et l’intelligence » (Proverbes 2,
7). Cela signifie qu’en étudiant
beaucoup, on accumule la sagesse nécessaire
à vaincre le mauvais penchant, car
il n’a pas le droit de rentrer dans la maison
d’études. Mais si à l’extérieur
le mauvais penchant s’avère tout
de même le plus fort, il faut multiplier
les prières et demander à
Dieu, à Qui appartient la sagesse,
de nous donner la force nécessaire
pour le vaincre. ; Les Sages conseillent
de traîner ce misérable à
la maison d’études (Soukah 52b, Kidouchin
30b, Zohar I, 190a), ce qui libère
l’homme de toute honte déplacée
qui l’empêche de servir Dieu. En effet
une immense richesse spirituelle se cache
dans la Torah, et quiconque étudie
le plus possible sans imiter le mode de
vie des non-juifs mérite de devenir
un sage et un homme habité de la
crainte de Dieu.
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