PARACHAT BEHAR : 4eme Partie Prêter de l’argent à intérêt retarde la Rédemption Il est écrit : « Ne prend
de lui ni intérêt ni profit
(...) Je suis l’Eternel votre Dieu qui vous
ai fait sortir du pays d’Egypte »
(Lévitique 25, 36, 38). Il y a donc
un lien entre l’intérêt et
la sortie d’Egypte. Rachi donne des explications
sur le verset en question, et on peut également
consulter l’ouvrage Mitsvat Habita’hon p.
130.
Nous allons tenter de donner notre propre
explication sur le rapport entre ces deux
notions. Quand les benei Israël étaient
en Egypte, ils n’ont jamais cessé
de croire que malgré la dureté
de l’esclavage, le Saint béni soit-Il
les délivrerait, car ils avaient
reçu de Jacob et de Joseph l’assurance
qu’ils seraient sauvés au moyen de
l’expression « Il se rappellera certainement
de vous » (Chemoth Rabah 5, 13, voir
également Exode 3, 16), et qu’ils
sortiraient du creuset où ils étaient
restés pendant deux cent dix ans
(Béréchith Rabah 91b). C’est
effectivement ce qui s’est passé,
au moment où Moïse est venu
leur annoncer la nouvelle de la libération
avec les mots « Il se rappellera certainement
de vous » (voir Exode 3, 16), les
benei Israël l’ont cru, « et
le peuple s’inclina et se prosterna »
(Ibid. 12, 27), il s’est prosterné
pour remercier de l’annonce de la Rédemption,
de l’entrée en Erets-Israël
et des descendants (Mekhilta Chemoth 12,
27). C’est donc par le mérite de
leur foi que les benei Israël ont été
libérés et sont sortis d’Egypte.
De plus, en Egypte ils avaient déjà
pris sur eux quelques mitsvoth pour renforcer
leur foi et faciliter la Rédemption,
comme Pessa’h, Chabath, les tefilin, et
ils ont également accepté
de se circoncire (Pessikta Zoutah 6, 6),
avec joie et par amour pour Dieu [il est
vrai que le Midrach affirme qu’ils ne s’étaient
pas circoncis (Pessikta Zoutah Bo 12, 6),
la question reste donc ouverte]. Les Sages
ont dit que le sang du sacrifice de Pessa’h
et le sang de la circoncision se sont mélangés,
ainsi qu’il est écrit : « Je
suis passé sur toi et Je t’ai vue
trempée dans ton sang, et Je t’ai
dit : vis par ton sang, vis par ton sang
» (Ezéchiel 16, 6), deux fois,
c’est Pessa’h et la circoncision (Pirkei
Derabbi Eliezer 29). Pourquoi se sont-ils
circoncis ? Parce qu’il est écrit
à propos du sacrifice de Pessa’h
(Exode 12, 48) : « Aucun incirconcis
n’en mangera », ils n’auraient donc
pas pu en manger en restant incirconcis.
Par ailleurs, il est évident qu’ils
ont dû se circoncire pour pouvoir
sortir des quarante-neuf portes de l’impureté
(Zohar ‘Hadach Ytro 39a), arriver aux quarante-neuf
portes de la sainteté et être
libérés de l’Egypte.
Par-dessus tout, ils ont cru en Dieu,
ainsi qu’il est écrit : « Ils
crurent en l’Eternel et en son serviteur
Moïse » (Exode 14, 31), c’est
uniquement par le mérite de la foi
que l’esprit saint a reposé sur eux
et qu’ils ont chanté un chant de
louanges en traversant la mer (Chemoth Rabah
23, 2, Tan'houma Béchala’h 10). De
plus, ils étaient unis, en accord
avec le principe selon lequel « tous
les benei Israël sont responsables
les uns des autres » (Sanhédrin
27b, Chevouoth 39a), ce qui leur a valu
de sortir d’Egypte, car ils ne peuvent être
sauvés que lorsqu’ils sont vraiment
solidaires (Tan'houma Nitsavim 1). En outre,
c’est le Saint béni soit-Il Lui-même
qui les a délivrés, sans passer
par l’intermédiaire d’un ange ou
d’un séraphin, car ceux-ci auraient
risqué de les accuser, alors qu’avec
l’intervention personnelle de l’Eternel,
personne n’aurait pu les accuser, donc ils
n’avaient que des mérites.
Tout ceci nous permet de comprendre le
lien entre le prêt à intérêt
et la sortie d’Egypte. En effet, quand quelqu’un
prête de l’argent à intérêt,
il va contre la foi en Dieu, en montrant
qu’il est obligé de prendre des intérêts
parce que l’Eternel n’est pas assez puissant
pour le faire profiter de sa générosité.
Il attente également à l’unité
du peuple d’Israël, car la co-responsabilité
implique d’aider le prochain, alors qu’en
lui prenant trop d’argent pour sa dette,
on aggrave sa situation, sans compter qu’on
porte atteinte à la sainteté
de la circoncision, car le mot Ribit («
intérêt ») est composé
des mêmes lettres que Brit («
circoncision »), or le mérite
de la circoncision est l’une des raisons
pour lesquelles les benei Israël ont
été délivrés
de l’Egypte. Celui qui prête à
intérêt porte donc atteinte
à la foi, à l’unité
et à la circoncision, par conséquent
à la sortie d’Egypte. C’est le rapport
entre l’interdiction de l’intérêt
et la sortie d’Egypte.
On peut encore dire qu’au moment de la
sortie d’Egypte, Dieu a révélé
aux benei Israël qu’ils allaient recevoir
la Torah au mont Sinaï (Chemoth Rabah
3, 4), ainsi qu’il est dit : « Quand
tu auras fait sortir ce peuple d’Egypte,
vous adorerez le Seigneur sur cette montagne
» (Exode 3, 12), et vous recevrez
les six cent treize mitsvoth, par conséquent
celui qui prête à intérêt
renie Dieu et la sortie d’Egypte (Baba Metsia
75b), car il renie la Torah. De plus, la
valeur numérique de Ribit, en comptant
le mot lui-même, est de six cent treize,
ce qui indique clairement le rapport avec
la sortie d’Egypte, le prêt à
intérêt étant ce qui
retarde la Rédemption.
Dans le domaine de l’allusion, nous disons
trois fois par jour (Bérakhoth 4b)
le psaume : « Psaume de David, je
T’exalterai, ô mon Dieu, ô,
je bénirai Ton nom à jamais
» (Psaumes 145 1), une des raisons
en étant que le mot Tehilah («
psaume ») a la même valeur numérique
que tam (« innocent, intègre
»), ainsi qu’il est écrit :
« Soyez intègres avec l’Eternel
votre Dieu » (Deutéronome 18,
13). Comment se conduit-on envers Lui avec
droiture et intégrité ? En
mettant toute sa confiance en Lui sans chercher
de complications ni d’artifices. Trois fois
par jour correspondent aux trois repas que
fait l’homme, et s’il prête à
intérêt, c’est qu’il n’est
pas intègre envers Dieu et ne Lui
fait pas confiance. Loin de se conduire
ainsi, il faut lui manifester une confiance
absolue, alors il rapprochera la délivrance
future, rapidement et de nos jours, Amen.
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