PARACHAT BE’HOUKOTAI : 2eme Partie L’étude de la Torah : la récompense d’une mitsvah est une autre mitsvah Il est écrit : « Si vous
marchez dans Mes statuts et si vous gardez
mes mitsvoth et les accomplissez »
(Lévitique 26, 3). Rachi explique
au nom des Sages (Torath Cohanim Ibid.)
qu’il ne peut pas s’agir de l’accomplissement
des mitsvoth, puisque celui-ci est mentionné
explicitement, et donc « Si vous marchez
dans mes statuts » désigne
l’effort dans l’étude de la Torah.
L’essentiel est en effet de s’investir entièrement
dans l’étude, ainsi qu’il est écrit
: « l’âme qui travaille, son
travail est à elle » (Proverbes
16, 26), verset sur lequel les Sages ont
dit : l« L’homme travaille à
un certain endroit, et la Torah travaille
pour lui à un autre endroit »
(Sanhédrin 99b), ce qui signifie
que l’effort qu’il a mis dans l’étude
de la Torah lui donne des mérites.
Tentons d’expliquer ces notions. On sait
que l’étude a deux composantes :
la première consiste à étudier
la Torah de toutes ses forces, le fait même
de l’étude étant un devoir
indépendant, de la même façon
que l’accomplissement des mitsvoth. La deuxième,
c’est que pour arriver à accomplir
les mitsvoth avec toute la perfection souhaitable,
dans l’esprit de « Cours vers une
mitsvah facile comme vers une mitsvah difficile
» (Avoth 4, 2), il faut commencer
par étudier beaucoup, car une étude
assidue mène à la perfection
de la mitsvah, et l’on sait que «
l’étude mène à l’action
» (Kidouchin 40b, Baba Kama 17a),
avec joie et désintéressement,
ainsi qu’il est écrit : « Les
ordres de l’Eternel sont droits et réjouissent
le cœur » (Psaumes 19, 9). Ce doit
être la démarche de l’homme
pour arriver à observer les mitsvoth
dans la joie, de la même façon
que l’étude doit se passer dans la
joie (Avoth 6, 5), ainsi qu’il est écrit
: « La Torah de l’Eternel est parfaite,
elle réconforte l’âme »
(Psaumes 19, 8), tout cela en portant le
joug de Dieu, comme ont dit nos Sages :
« L’homme doit toujours se comporter
envers les paroles de Torah en bœuf pour
le joug et en âne pour le faix »
(Avodah Zarah 8b), car c’est pour cela qu’il
a été créé.
De même, il faut accomplir les mitsvoth
dans la joie, comme on exécute les
ordres d’un roi, qu’on n’a aucune possibilité
d’éluder ; elles n’ont pas été
données pour qu’on en jouisse mais
pour qu’on en porte le joug (Erouvin 31a,
Yérouchalmi fin de Teroumoth), car
elles sont le but de la création
de l’homme.
Mais il faut encore expliquer pourquoi
la Torah n’a pas écrit « Si
vous marchez dans ma Torah et si vous gardez
mes mitsvoth, etc. ». Alors, on saurait
qu’il est question l’étude. Pourquoi
a-t-elle écrit « Mes statuts
» ?
On peut encore s’interroger sur ce qui
suit : « Je donnerai Vos pluies en
leur temps, et la terre donnera ses récoltes
» (Lévitique 26., 4). Comment
peut-on établir un lien entre l’étude
de la Torah, la pratique des mitsvoth, et
le fait que les pluies soient données
en leur temps ? Il existe de nombreux endroits
où non seulement personne n’étudie,
mais où il n’y a même pas un
soupçon de Torah et encore moins
de mitsvoth, et pourtant on voit que les
pluies tombent en abondance. Comment est-ce
possible ?
Essayons d’expliquer tout cela au mieux.
Comme on le sait, l’homme a été
créé corporel et rempli de
désirs. En dehors de l’âme
qui est en lui, il n’est lié qu’à
la terre dont il provient, comme le souligne
le verset : « Car tu es poussière
et tu retourneras à la poussière
» (Genèse 3, 19). Mais le but
de son existence en ce monde est de transformer
toutes les forces matérielles qui
sont en lui en spiritualité, au point
que même ses désirs deviennent
uniquement un moyen de servir Dieu avec
enthousiasme. Or il est bien évident
qu’un ignorant ne peut pas être pieux
(Avoth 2, 5, Avoth Derabbi Nathan 26, 3,
Zohar III, 222b), car un homme charnel ne
peut pas transformer sa racine matérielle
de façon à ce que ses 248
membres et 365 tendons deviennent entièrement
consacrés à Dieu, comme l’âme
qui est en lui pour Le servir dans la joie.
Mais à partir du moment où
il s’investit dans l’étude de la
Torah et des mitsvoth sans ménager
ses efforts, et dans la joie, il se transforme
radicalement, et devient semblable à
un « homme de Dieu » (Deutéronome
33, 1) : de simple homme qu’il était,
il s’attache à Dieu, même si
cela doit lui valoir de nombreux tourments,
car Dieu lui a donné la terre pour
en faire un Ciel, ainsi que l’explique le
Rav de Kotzk sur le verset : « La
terre Il l’a donnée aux hommes »
(Psaumes 115, 16), pour en faire un Ciel.
De plus, l’homme doit aussi prêter
une grande attention aux mitsvoth même
faciles, car il est dit : « Cours
vers une mitsvah facile comme vers une mitsvah
difficile » (Avoth 4, 2). C’est pour
cela que la Torah ne spécifie pas
la récompense de chaque mitsvah :
« Tu ne connais pas la récompense
des mitsvoth » (Avoth 2, 1), «
Il n’y a pas de récompense pour les
mitsvoth en ce monde » (Kidouchin
39b), ou encore : « la récompense
d’une mitsvah est une autre mitsvah »
(Avoth 4, 2, Tana Debei Eliahou Rabah 15).
Tout cela est destiné à ce
que les mitsvoth, même en apparence
insignifiantes, soient considérées
par l’homme comme d’une grande importance.
On peut dire par conséquent que
c’est la raison pour laquelle l’étude
de la Torah s’appelle « statut »,
car s’il était écrit «
si vous marchez dans Ma Torah », l’homme
s’occuperait de Torah en décidant
lui-même ce qui lui paraît important,
et où il convient de mettre tout
son effort, et ce qui lui paraît plus
négligeable, qu’il aurait tendance
à ne pas travailler assez, c’est
pourquoi l’étude de la Torah dans
son intégralité, qu’elle paraisse
plus ou moins importante, s’appelle «
Mes statuts », sans aucune distinction,
et sans préciser ce qui est essentiel
ou moins important, en donnant la même
valeur à tout, pour que l’homme mette
son effort de la même façon
dans tout, sans aucune exception.
Cette idée se trouve en allusion
dans les mots suivants : « IM Bé’houkotaY
telekhou véeT » («
Si vous marchez dans Mes statuts et si »).
En prenant la dernière lettre de
chaque mot, on obtient le mot Yamout, «
il mourra », ce qui rappelle «
Adam ki YAMOUT baohel » (« quand
un homme meurt dans la tente) (Nombres 19,
14), verset qu’on applique souvent à
l’étude de la Torah, car la Torah
ne se maintient que chez celui qui se tue
pour elle (Bérakhoth 63b, Chabath
63b), à savoir qu’on doit se tuer
en travaillant aussi bien ce qui paraît
accessoire que ce qui semble capital.
Par conséquent nous comprendrons
parfaitement la signification du verset
: « Je donnerai vos pluies en leur
temps » (Lévitique 26-, 4).
Quand quelqu’un est capable de ne plus faire
de différence entre une mitsvah importante
ou moins importante et accomplit les plus
insignifiantes avec la même attention
que si elles étaient essentielles,
s’il investit autant d’effort dans l’étude
d’un sujet facile que dans celle d’un sujet
difficile, c’est-à-dire que pour
lui toute la Torah n’est qu’un immense statut
à l’intérieur duquel il n’y
a pas de différences, alors il arrivera
au niveau de « Je donnerai vos pluies
en leur temps », ce qui signifie que
la matérialité (mot de même
racine que « pluie ») avec laquelle
il a été créé
se transformera en « son temps »,
qui désigne la spiritualité,
dans l’esprit de l’expression « C’est
le temps d’agir pour Dieu » (Psaumes
119, 126), car Dieu n’éprouve de
satisfaction que par le ET (« temps
»), par la Torah, le fait de fixer
des temps pour l’étude (« Ittim
latorah », (Chabath 31a)) dans l’effort.
Alors s’accomplira également «
Je donnerai », car l’homme reçoit
l’abondance d’en haut quand il donne en
bas, comme dans les notions de « réveil
d’en haut » et « réveil
d’en bas » (Zohar I, 86b, 235a). Par
son éveil il reçoit l’abondance
de la lumière cachée pour
les justes, jusqu’à ce que l’étude
de la Torah fasse de lui un « homme
de Dieu ». A ce moment-là,
« la terre donnera ses récoltes
», ce qui veut dire que l’homme, qui
est comparé à la terre, produira
ses récoltes (« Yévoulah
»), mot dont la valeur numérique
est la même que celle de Gan («
le jardin »), c’est-à-dire
que la terre et le jardin qui sont remplis
de matérialité et de désirs
seront désormais transformés
en « arbre des champs que Dieu a béni
», et que cet « arbre des champs
donnera son fruit », à savoir
que lui-même commencera à donner
ses fruits, à avoir de l’influence
sur les autres par sa sainteté en
devenant un « juste sur qui repose
le monde » (Zohar I, 59b), et alors
« le battage de vos grains atteindra
pour vous » (« Véhissig
lakhem »), vous monterez d’un niveau
après l’autre pour atteindre (hissig)
Dieu et vous relier à lui, au Roi
des Rois, or les lettres de LaKHeM («
pour vous ») sont les mêmes
que celles de MéLeKH (« le
roi »). « Et vous poursuivrez
vos ennemis » signifie que par votre
intense adhésion à Dieu, vous
aurez de l’influence sur les autres grâce
à l’abondance de la sainteté
et de la pureté, et alors vos ennemis,
qui sont les forces de l’impureté
et la kelipah, tomberont et disparaîtront,
Amen qu’il en soit ainsi.
Si nous avons raison en tout cela, cela
nous permettra d’expliquer cet enseignement
des Sages : « Nous travaillons et
ils travaillent, nous travaillons et recevons
une récompense, alors qu’eux travaillent
et ne reçoivent pas de récompense
» (Bérakhoth 27b). Pourtant,
nous constatons que les non-juifs aussi,
quand ils travaillent, reçoivent
une récompense, puisque leur travail
leur permet de devenir ingénieur,
médecin ou avocat, à la suite
de quoi ils gagnent beaucoup d’argent !
Il faut également comprendre cet
autre enseignement : « Il n’y a pas
de récompense à une mitsvah
en ce monde » (Kidouchin 39b). Alors
comment le Tanna peut-il dire que nous travaillons
et recevons une récompense ? Et si
nous expliquons qu’il s’agit du monde éternel,
et que les non-juifs n’y reçoivent
effectivement aucune récompense (ce
qui répond à la question précédente),
il reste une difficulté : il est
bien évident que ce monde éternel
n’est préparé que pour les
benei Israël, qui y reçoivent
leur récompense, alors pourquoi le
Tanna éprouve-t-il le besoin de nous
le dire ?
Il ne parle certainement pas du monde
à venir, car là-bas la récompense
est cachée pour les justes, personne
n’a jamais vu ce qui s’y passait (voir Bérakhoth
34b), et les nations du monde n’y ont évidemment
aucune part à la récompense.
Alors, de quoi s’agit-il ? Le Tanna parle
de l’effort dans l’étude de la Torah,
de cette joie qu’on a au moment de l’étude
et de l’accomplissement des mitsvoth, et
qui constitue une récompense en ce
monde. Mais « Il n’y a pas de récompense
pour une mitsvah en ce monde » (Kidouchin
39b) se place dans l’optique de l’étude
en tant que telle et du fait même
de l’accomplissement des mitsvoth. L’agrément
de la mitsvah et de la Torah représentent
pour l’homme une récompense en ce
monde, parce que c’est un élément
supplémentaire. Et plus l’homme est
heureux de faire des mitsvoth, plus sa récompense
en ce monde est grande, dans l’esprit de
ce qu’ont dit les Sages : « la récompense
d’une mitsvah est une autre mitsvah »
(Avoth 4, 2, Avoth Derabbi Nathan 25, 4).
Il en va autrement chez les autres peuples.
Plus ils travaillent moins ils sont récompensés,
car plus ils gagnent d’argent plus leurs
soucis se multiplient (« Celui qui
a beaucoup de biens a beaucoup de soucis
» (Avoth 2, 7)), et ils n’ont aucun
plaisir au cœur. Le juif, en revanche, même
s’il n’a pas de récompense en ce
monde, trouve tout de même un grand
plaisir à observer les mitsvoth et
la Torah, ce qui est de l’ordre d’une récompense
considérable, sans aucun équivalent.
De plus, s’il s’agit de tsaddikim, leur
effort dans l’étude est en soi une
récompense, car ils savent que dans
le monde à venir ils ne pourront
plus faire de mitsvoth, ainsi qu’il est
écrit : «Parmi les morts il
est libre » (Psaumes 88, 6), une fois
qu’il est mort il devient libre des mitsvoth
(Chabath 30a, Yalkout Chimoni Job 896) ;
ils mettent donc à profit chaque
instant de leur vie pour faire des mitsvoth
en ce monde, et on peut considérer
cela comme une grande récompense.
Et c’est ce qui est écrit : «
Si vous marchez dans Mes statuts »,
si vous étudiez la Torah, «
et si vous observez mes mitsvoth »,
tout cela dans l’effort, alors « Je
donnerai vos pluies en leur temps »,
c’est-à-dire, d’après ce que
j’ai entendu d’adeptes du Moussar : non
seulement vous recevrez une récompense
dans le monde à venir, mais votre
récompense en ce monde sera aussi
très grande, dans le domaine matériel,
puisque la pluie (Gueshem) désigne
la matérialité (Gashmiouth),
et aussi tout simplement par la pluie elle-même,
qui vient arroser la terre et les fruits.
On peut ajouter à ce propos que
le fait même d’étudier conduit
l’homme à trouver un goût aux
mitsvoth, ainsi qu’il est écrit :
« Goûtez et voyez comme est
bon l’Eternel » (Psaumes 34, 9) ;
sans travail et sans effort, il est impossible
de trouver un goût aux mitsvoth. C’est
pourquoi la Torah s’appelle une «
épice » qui assaisonne le mauvais
penchant (Kidouchin 30b, Baba Batra 16a,
Sifri Ekev 11, 18), et donne un bon goût
aux mitsvoth, et c’est le sens de ce qui
est écrit : « Si vous marchez
dans mes statuts et si vous observez mes
mitsvoth et les accomplissez, Je donnerai
vos pluies en leur temps », à
savoir que la Torah nous promet que si nous
nous investissons dans l’étude, nous
arriverons à pratiquer les mitsvoth
et à goûter combien elles sont
bonnes.
De là, essayons d’expliquer un
point touchant au saint Chabath. Quand l’homme
rentre chez lui le vendredi soir et mange
de tout les plats que sa femme a préparés
pour Chabath avec empressement, même
si la nourriture est bonne et qu’il mange
avec appétit et joie, cela ne veut
pas encore dire qu’il goûte l’épice
que constitue le saint Chabath. Pourquoi
? Parce que ce n’est que lorsqu’il se donne
du mal pour la Torah tous les jours de la
semaine qu’il mérite de goûter
dans sa nourriture le goût du saint
Chabath, qui s’appelle lui aussi une épice
(Chabath 119a, Béréchith Rabah
11, 2, Pessiktah Rabah 23, 8), comme la
Torah qui est une « épice »
du mauvais penchant. De plus, celui qui
observe le Chabath comme il convient, c’est
comme s’il accomplissait toute la Torah,
car le Chabath vaut autant que toutes les
mitsvoth réunies (Yérouchalmi
Bérakhoth 81, halakhah 5, Chemoth
Rabah 25, 26, Zohar II, 89a), et inversement
toute la Torah est considérée
comme le Chabath. Par conséquent
quiconque accomplit la Torah pendant les
jours de la semaine, c’est comme s’il était
dans le Chabath pendant toute la semaine,
les deux n’étant qu’une seule et
même chose. Ce qui n’est pas le cas
de celui qui ne s’est donné aucun
mal dans l’étude pendant toute la
semaine : il ne goûte pas l’«
épice » de Chabath, dans l’esprit
de la michnah : « Celui qui ne s’est
pas donné de mal la veille du Chabath,
que mangera-t-il le Chabath ? » (Avodah
Zarah 3a, Kohélet Rabah 1, 36). Il
ne lui trouvera qu’un goût matériel
et non spirituel, et ne s’attachera pas
à la sainteté de la nourriture.
On trouve peut-être une allusion à
cette idée dans l’enseignement des
Sages : « Son Chabath, il le fera
entièrement de Torah, car les deux
sont une seule chose » (Tana Debei
Eliahou Rabah 1).
Je me suis donc dit que c’était
la raison pour laquelle les talmidei ‘hakhamim
qui étudient la Torah tous les jours
de la semaine ressentent la sainteté
des plats de Chabath. Encore faut-il savoir
jusqu’où doit aller l’effort à
faire dans l’étude, chez nous qui
sommes des gens simples, ou chez des ba’alei
batim qui ne passent pas tout leur temps
à étudier comme ces talmidei
‘hakhamim. Il se peut que cet effort se
mesure à la souffrance, c’est-à-dire
que lorsque quelqu’un qui travaille et rentre
chez lui fatigué, au lieu d’aller
se reposer, de prendre un livre, de ne rien
faire, ou de se mettre à manger,
va se consacrer à la Torah et investir
l’effort nécessaire pour étudier,
dans la souffrance et le dévouement,
cela s’appelle certainement « étudier
la Torah dans l’effort », même
si c’est pour peu de temps. Cela le mènera
à la perfection dans l’accomplissement
des mitsvoth, car « une mitsvah entraîne
une autre mitsvah » (Avoth ‘, 2, Avoth
Derabbi Nathan 25, 4, Tan'houma Tetsé
1), et Dieu l’aidera certainement à
trouver la force de continuer. Par conséquent,
combien on exigera de lui si au lieu d’étudier
la Torah il reste sans rien faire, fatigué
de sa journée de travail... Comment
donc pourra-t-il accomplir la Torah et les
mitsvoth dans l’effort ? Que ce soit dans
son étude ou dans sa prière,
il s’endort...
A présent nous comprenons parfaitement
pourquoi le Chabath à la synagogue
on voit des gens qui s’endorment au moment
de la lecture de la Torah, ou pendant la
prière, ou pendant le discours du
Rav. Cela vient de ce qu’ils n’ont pas étudié
pendant toute la semaine, si bien qu’au
moment de la prière ou de la lecture
de la Torah, ils s’endorment et s’éloignent
encore plus de l’Eternel. En effet, l’étude
mène l’homme à s’attacher
à Dieu, particulièrement au
moment de la prière ou de la lecture
de la Torah, qui ressemble au moment du
don de la Torah, si bien que ceux qui n’ont
fait aucun effort se sentent fatigués
et s’endorment pendant ces moments-là.
Alors que quelqu’un qui se donne du mal
pour étudier, fût-ce une seule
heure par jour, au lieu de la passer à
se distraire ou à se reposer, est
récompensé en conséquence.
C’est pourquoi la Torah nous dit : «
Si vous marchez dans Mes statuts »,
ce qui signifie que la Torah n’est pas un
héritage pour l’homme (Avoth 2, 12,
Avoth Derabbi Nathan 17, 3), et que le choix
d’étudier la Torah ou non ne dépend
que de lui : s’il se donne du mal, elle
s’appelle sienne, comme dans le verset «
il médite dans sa Torah »
(Psaumes 1, 2, voir Kidouchin 32b), et comme
il est écrit : « Ta droiture
marchera devant toi, et la gloire de l’Eternel
viendra derrière » (Isaïe
58, 8). C’est cela « marcher »,
marcher dans la Torah, aller de l’avant,
comme un homme qui a beaucoup d’argent et
peut acheter tout ce qu’il désire,
car « l’argent a réponse à
tout » (Ecclésiaste 10, 19),
sans aucune restriction. De la même
façon, c’est seulement par la Torah
et l’effort dans l’étude et les mitsvoth
qu’on peut arriver à observer toutes
les mitsvoth et toute la Torah, de façon
à ce que même les choses difficiles
deviennent limpides, car l’argent (KeSSeF),
qui symbolise l’aspiration (KiSSouFim) à
Dieu, comme dans « Tu aspires (NiKhSSaFta)
à la maison de ton père »
(Genèse 31, 30), a réponse
à tout, et on arrivera à «
vos pluies en leur temps », à
la récompense que constitue en ce
monde l’agrément de la mitsvah, et
à la récompense cachée
pour les justes dans le monde à venir,
à l’ombre de Dieu.
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