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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Yossef Haïm Azoulay : Le
“Hida”
En l’année 5484 (1724), au
mois de Sivan naquit dans la
veille ville de Jérusalem, le
fils aîné de Rabbi Itshak Zérahya
Azoulay et de sa femme Sarah.
Il fut nommée Yossef, du nom
de son grand-père maternel et
on lui ajouta les noms de Haïm
David. Mais adulte il devint
célèbre, on se contenta de l’appeler
Le «Hida» d’après les initiales
de son nom et prénom : Haïm
Yossef David Azoulay.
La famille Azoulay était
considérée comme l’une des plus
anciennes et les plus respectables
parmi la population d’Eretz
Israël. Le Hida descendait du
célèbre Tsaddik Rabbi Abraham
Azoulay, auteur du «Hessed Lé
Avraham», qui émigra en Eretz
Israël de la ville de Fez (Maroc)
vers l’année 1620.
Dés son âge le plus tendre,
on put discerné chez le jeune
Yossef des qualités exceptionnelles.
De nature fragile, il étudiait
pourtant sans répit et avec
assiduité du matin au soir.
Agé de huit ans, suite à
une épidémie, sa mère rendit
l’âme à son créateur. Ce décès
changea beaucoup Yossef. Il
mûrit prématurément et devint
sérieux pour son âge. Il ne
jouait plus avec les enfants
et se mit à l’étude de notre
Sainte Torah jour et nuit. A
peine eut-il neuf ans que son
père le fit admettre au Beith
Midrach «Beith Yaacov» qui était
renommée pour sa qualité d’enseignement
et que la majorité des érudits
de Jérusalem provenaient de
cette Yéchiva. C’est dans cette
maison d’étude que le brillant
talent de ce jeune prodige s’épanouit.
A l’âge de douze ans déjà,
il mit par écrit quelques lois
originales concernant la Cachrout
et rédigea quelques Responsa
sur les thèmes de Halakha.
Le jeune garçon révélait
en outre un brillant talent
d’orateur. Et apparaît en public
pour faire des Dérachot édifiantes.
Peu de temps après son mariage,
en 5502 (1742), Jérusalem vit
l’arrivée du Gaon extraordinaire,
le cabaliste Rabbi Haïm Ben
Attar connu par son surnom :
Or Hahayim Hakadoch, qui fonda
sa Yéchiva «Knesset Israël».
Son séjour dans la ville sainte
ne dura qu’une année et il rendit
son âme à son créateur le 15
Tamouz 5503 (1743).
Le Hida devint membre de
la Yéchiva Knesset Israël et
cette courte période suffit
pourtant au Hida à nouer avec
ce Tsaddik les liens les plus
profonds.
Dans les ouvrages qu’il écrivit
par la suite, il cite très souvent
les enseignements et les coutumes
de Rabbi Haïm Ben Attar qu’il
considérait comme son maître
par excellence.
Peu de temps après cet épisode
dans sa vie, il réussit à se
faire admettre comme disciple
de Rabbi Chalom Charabi «Le
Rachah», à sa Yéchiva «Beith
El». Ce Beith Midrach était
lé siège de Grands Tzadikim
et de Saints Cabalistes qui,
en se consacrant totalement
à l’étude aspiraient à rapprocher
l’arrivée du messie.
Le Saint Rabbi Chalom Charabi
et deux de ces disciples Le
Hida et Rabbi Haïm De La Rosa
sentirent que le moment était
propice pour hâter la délivrance
finale. Les trois Tzadikim,
hommes supérieurs de leur génération,
se détachèrent de toute chose
terrestre et choisissent une
vie ascétique de mortification
et de jeûne pour se sanctifier
et de purifier.
Notre histoire se passe en
hiver, et une neige épaisse
recouvrait la ville de Jérusalem.
Ces Tzadikim se roulèrent dans
la neige, prièrent avec dévotion
extraordinaire et jeûnèrent
ensuite trois jours consécutifs.
A l’issue du jeûne ils se rendirent
dans une pièce isolée et commencèrent
à se concentrer sur des «Yihoudim»
pour hâter la venue du Machiah.
Mais ils furent soudain pétrifiés
au son retentissant d’une voie
céleste : «Mes fils, vous n’avez
pas le droit de hâter la Géoula
(la délivrance finale). L’heure
n’en est pas encore venue, et
pour éviter que vous ne fassiez,
ensemble une autre tentative,
l’un d’entre vous soit s’exiler
à l’étranger !».
Comme la voie céleste n’avait
pas déclaré qui d’entre eux
devait subir cette destinée,
il firent un tirage au sort
qui désigna Le Hida.
Sans hésiter, Le Hida accepta
le verdict et se mit en route
pour un long exil ou il rencontra
les grands de sa génération
et séjourna dans de nombreux
pays : Egypte, Italie, France,
Angleterre, Pays-Bas, Allemagne,
Sicile, Crête, Turquie etc...
Ce n’est pas sans raison
que Le Hida acquit la réputation
encore de son vivant d’un personnage
hors du commun, d’un homme d’une
sainteté suprême vers qui tous
tournaient les yeux. Ce n’est
pas seulement par ses nombreux
livres admirables qu’il gagna
un renom éternel. C’était un
homme complet qui combinait
en lui avec une harmonie remarquables
des qualités et des vertus que
l’on trouve rarement réunis
en une seule personne.
Certes chez Le Hida tout
reflète le meilleur : son éminence
dans tous les domaines de la
Torah, son ascendant sur ses
contemporains, sa connaissance
profonde des choses de ce monde,
son prestige qui attirait le
respect et estime des souverains
et des grands des nations. Mais
sa qualité la plus remarquable
est incontestablement l’humilité
qui le caractérisait.
Nous avons un témoignage
fidèle dans son journal «Maagal
Tov» où Le Hida consignait des
remarques personnelles à titre
de souvenir sans aucune intentions
de les publier. Et voici quelques
unes :
«Moi, le plus petit des habitants
de Jérusalem...et à Amsterdam.
D. me fit trouver grâce aux
yeux des ministres et des députés,
moi le plus petit d’entre mes
frères... j’adresse des louanges
à D. Béni Soit-Il, qui a fait
grandir mon nom alors que je
suis dépourvu de tout talent...»
Ce ne sont qu’une partie
infime des milliers d’expressions
qui abondent dans son journal
personnel et qui atteste de
sa grande modestie. A travers
ses ouvrages, quand nous examinons
la grandeur et le génie du Hida,
nous avons le souffle coupé
devant la foison de talent dans
le Ciel l’a doté. Il nous est
quasiment impossible de mesurer
ce géant de l’esprit selon nos
propres critères. Il avait acquis
une maîtrise de caractère qu’il
utilisait pour s’élever constamment
dans l’échelle de la perfection.
Le Hida rédigea plus de cent
livres. On peut difficilement
imaginer que tellement de livres
de qualité aient été écrits
par un seul homme qui par ailleurs
se consacra à beaucoup d’autres
activités.
Le vendredi soir du Chabbat
«Parachat Zakhor», le 11 Adar
5566 (1806), Rabbi Haïm Yossef
David Azoulay rendit l’âme pure
à son créateur. Que son Mérite
nous protège. Amen.
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