|
A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Méïr Leibusch le « Malbim »
Le Rav Méïr Leibusch ben
Yehiel Mikhal (acronyme : Malbim)
est universellement connu de
toutes les communautés d’Israël
comme l’un des grands commentateurs
de la Bible. Presque tous les
foyers juifs possèdent son commentaire.
C’était un génie extraordinaire,
qui connaissait parfaitement
tous les domaines de la Torah.
Il avait une vingtaine d’années
quand on lui donna le titre
de « prince de la Torah ». Tous
les grands de son époque l’estimaient
énormément.
Rabbi Yossef Dov Soloveitchik,
le Rav de Brisk, a dit une fois
à propos de l’explication du
Malbim sur les versets : « Quand
J’aurai fixé l’heure, je rendrai
mes arrêts avec équité. Que
la terre en soit alarmée avec
ses habitants, Moi, Je raffermirai
ses colonnes, sélah ! » (Psaumes
75, 3-4), qu’il était impossible
à un homme de la donner à moins
que ne repose sur lui l’esprit
saint.
Il a commencé à écrire des
commentaires et des explications
de la Bible et du Talmud à l’âge
de treize ans. Dans l’introduction
à son livre Artsoth Ha’haïm,
il écrit : « Quand j’avais treize
ans, telle un oiseau isolé sur
le nid de la sagesse, mon âme
s’est éveillée à la voix enchanteresse
de l’amour de l’étude qui chantait
à mon oreille. L’âme de la Torah
qui avait toujours accompagné
mes ancêtres a réveillé mon
esprit comme un homme qui s’éveille
de son sommeil, et voilà qu’une
plume rapide de scribe était
dans ma main droite. J’écrivais,
je donnais de nouvelles explications,
et la main de D. me donnait
de la force. »
Grâce à sa grande réputation
dans la Torah et à la force
et la douceur de sa parole,
il fut accepté en 1839 comme
rabbin de Varsovie, où il resta
sept ans et dans laquelle il
introduisit de nombreuses institutions
visant à renforcer la vie religieuse.
Au cours de sa vie, il fut
rabbin de différentes communautés :
à Campin en Allemagne (pour
ses contemporains, il était
connu comme « le Campinien »),
à Bucarest la capitale de la
Roumanie, à Koenigsberg et à
Mohilow. Ses nombreuses pérégrinations
de ville en ville et de pays
en pays témoignent du fait qu’il
ne trouvait pas grande satisfaction
dans le rabbinat, car par nature
il était courageux, c’était
un homme de vérité aux opinions
bien arrêtées, et il ne flattait
jamais ceux qui pouvaient lui
rendre service. Il combattit
les athées qui introduisaient
des « réformes » dans la religion,
et les riches qui ne donnaient
pas suffisamment aux pauvres.
Tout cela lui valut beaucoup
d’ennemis qui le poursuivaient
sans lui laisser aucun repos.
On le dénonça également comme
« traître à l’Etat », mais Rabbi
Méïr Leibusch ne se laissa pas
non plus impressionner par cela
et continua à mener le combat
de la vérité et de la droiture.
Les gens du peuple qui connaissaient
la pureté de son cœur et son
mode de vie l’aimaient énormément.
Ils venaient le voir en masse
pour entendre ses cours et profiter
de ses saintes paroles.
Le Malbim vécut soixante-treize
ans, et son nom compte à jamais
parmi ceux des plus grands commentateurs
de la Bible.
|