|
A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Menahem Mendel Schneerson:Le Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch succède
à son illustre beau-père Rabbi
Yossef Yitshak. Il est issu
d’une lignée célèbre de Tsadikim,
entres autres le Tsémah Tsédek,
Rabbi Menahem Mendel Schneerson,
dont il porte le nom et de Rabbi
Schnéour Zalman de Liady, auteur
du Tanya.
Né le 11 Nissan 5662 à Nikolaïv
en Russie, il reçoit sa première
éducation de son célèbre père,
génie de Torah, Tzadik et Kabbaliste
connu, Rabbi Lévi Yitshak qui
fut le Rabbi de Iekaterinoslav,
ville importante d’Ukraine.
Dés son jeune âge, Rabbi Menahem
Mendel montre de grandes aptitudes
intellectuelles et est doué
d’une mémoire exceptionnelle.
Plus tard, il manifeste un goût
particulier pour la solitude
et la méditation ainsi qu’une
application profonde dans l’étude
des différentes disciplines
du Judaïsme.
Son adolescence est difficile.
Un vent violent souffle autour
de lui, guerres et pogroms aggravent
la situation des Juifs. Sa famille
connaît les persécutions, les
fuites, les poursuites et les
dangers. Mais, en toutes circonstances,
même les plus difficiles, il
continue à étudier la Torah.
C’est vers 1925 qu’il a son
premier contact avec le Rabbi
de Loubavitch de l’époque, Rabbi
Yossef Yitshak Schneerson, qui
demeurait alors à Leningrad.
On dit que le Rabbi fut impressionné
par son visiteur, notamment
par son érudition et les qualités
qu’il décela en lui. Il le choisit
pour devenir l’époux de sa seconde
fille.
Le Mouvement Loubavitch connaît
alors des moments difficiles.
Son chef est arrêté en 1927,
à Leningrad, puis libéré. C’était
le jour de la Hilloula de son
père Rabbi Chalom Dov Ber. On
raconte qu’un homme de la milice
fit irruption dans le bureau
du Rabbi, un fusil chargé à
la main, qu’il dirigea sur lui
d’un air menaçant et en lui
ordonnant d’arrêter sa prière.
Rabbi Yossef Yitshak le regarda
sans ciller, sans la moindre
nuance de peur et rétorqua :
«Ce jouet que tu tiens en main
peut éventuellement effrayer
des êtres qui ont de nombreux
dieux et qu’un seul monde, mais
moi qui n’ai qu’un seul Dieu
et de nombreux mondes, je ne
crains rien...»
C’est armé de cette conviction
inébranlable que Rabbi Yossef
Yitshak supporta sa pénible
captivité en Russie. C’est aussi
muni de cette même arme qu’il
arriva aux Etats-Unis en 1940
dont il entendait souvent dire
que c’est un autre monde, bien
différent de celui qu’il avait
connu jusqu’ici. «Ici, disait-on,
il est impossible de répandre
le Hassidisme comme en Europe
ou en Erets Israël. Pourtant,
une nouvelle ère allait commencer
pour le Mouvement Loubavitch.
Son gendre, Rabbi Menahem
Mendel, s’était installé, quand
à lui, à Paris, après avoir
quitté la Russie. Là, il poursuivit
ses études d’ingénieur en Electricité
à la Sorbonne et y obtint son
diplôme dans cette discipline.
Puis il rejoignit, à son tour,
les Etats-Unis où il travailla
dans un laboratoire de recherche
sur les matériaux servant à
la construction navale, dans
la marine américaine.
En tant que proche du Rabbi
il s’intéresse à tout ce qu’il
entreprend, en particulier dans
le domaine de l’éducation. Il
devient bientôt son bras droit
et fut nommé responsable du
Centre Educatif du Mouvement
Loubavitch des Etats-Unis. Il
entreprend alors une véritable
révolution spirituelle au sein
de la jeunesse juive américaine,
gravement menacée par le danger
d’assimilation et dont une grand
partie est complètement détachée
des sources du Judaïsme. Il
se révèle comme une véritable
force d’organisation et avec
l’aide de son beau-père il fonde
le Mouvement de Jeunesse Habad
à qui il insuffle un esprit
de Torah et de Hassidout. Il
incite aussi les jeunes à faire
preuve de dévouement à l’égard
de leurs frères en éveillant
leur propre énergie pour des
actions ponctuelles ou permanentes.
Aujourd’hui il existe des dizaines
et des dizaines de Yechivot,
de Talmudé Torah, de Jardins,
d’écoles où des milliers d’élèves
sont initiés dans l’esprit de
la Torah et de la Hassidout
aux Etats-Unis et à travers
le monde; si tout cela a pu
être possible, c’est grâce à
l’oeuvre inlassable et dévouée
de celui qui, avant de succéder
à son beau-père, fut son dévoué
collaborateur et réalisa, dans
son action inestimable, ses
instructions. C’est ainsi que
les Etats-Unis connurent une
véritable révolution spirituelle.
Une action en vue d’instaurer
une «heure d’étude de religion»
fut ensuite entreprise. Aussi,
le Rabbi, dans un souci toujours
égal de préserver l’enseignement
du Judaïsme réussit à organiser,
aux abords des écoles laïques,
des cours de Torah, à l’issue
du programme général d’études,
une heure par jour. C’est ainsi
que des milliers de jeunes juifs
américains furent sauvés de
l’assimilation. A la mort du
Rabbi Yossef Yitshak, le 10
Chevat 5710, tout naturellement,
c’est vers son gendre, Rabbi
Menahem Mendel Schneerson, que
se tournèrent les Hassidim pour
lui demander de bien vouloir
prendre en main le Mouvement
Habad. Mais ce n’est qu’après
un an d’insistance et un refus
plusieurs fois répété, à l’issue
de la période de deuil, qu’il
accepta officiellement de succéder
à son prestigieux beau-père.
Rabbi Menahem Mendel Schneerson
devint ainsi le 7ème Rabbi de
la dynastie.
Rabbi Menahem Mendel était,
tout à la fois, un homme connu
et peu connu. Nombreux sont
ceux qui ont entendu parler
de lui mais peu le connaissent
vraiment. Ce que l’on sait de
lui et qu’on entend à son sujet
n’est que peu de chose qui perce
de sa riche personnalité et
de son intériorité.
Son pouvoir, dans le domaine
des connaissances révélées et
cachées va au delà de son savoir,
il était inhérent à sa personnalité
propre. Son influence sur ceux
qui étaient près de lui comme
sur les plus éloignés est certaine.
De plus, il avait une capacité
exceptionnelle de concentration
d’esprit, et maîtrisait parfaitement
le langage de la Hassidout.
Bien que pénétrant les aspects
les plus profonds de la Hassidout,
le Rabbi était proche de chacun,
de l’essence intérieure de chaque
Juif.
Lorsqu’on entendait parler
le Rabbi, aussi bien lorsqu’il
s’adressait au public, qu’au
cours d’un entretien privé,
ses propos étaient clairs, ses
expressions étaient précises
et sans mots inutiles, et cette
clarté atteint l’âme de celui
qui écoute. Le rabbi appuyait
son argumentation non sur l’aspect
émotionnel des choses, mais
en faisant appel à l’intellect.
A travers ses paroles c’était
tout un monde qui se révèle
à vous, un monde profond de
réflexion et de sensibilité,
en pleine harmonie avec une
foi ardente et solide, au point
qu’on en vient à se demander
: «Est-il possible de penser
autrement ?».
Le Rabbi était à l’écoute
de ce qui se passait dans le
monde, en particulier tout ce
qui touchait au peuple Juif.
Mais il était attentif aussi
aux problèmes divers de tout
un chacun. On venait de partout
pour voir le Rabbi. Des hommes
hauts placés et célèbres, des
ministres et des représentants
d’Israël venaient souvent le
consulter. Ils reconnaissaient
tous sa personnalité frappante
et sa compétence dans tous les
domaines. Son but était de favoriser
le renforcement du Judaïsme
et l’accomplissement de la Torah
et des Mitzvot pratiques ; éveiller
le coeur des Bné Israël et les
conduire vers la Techouva, le
retour à D-ieu, à l’étude de
la Torah et aux bonnes actions.
Rabbi Menahem Mendel Schneerson
Zatsal quitta ce monde le 3
Tammouz 5754, que son Mérite
nous protège. Amen
|