Mausolee de Rabbi Haim Pinto
Sous l'égide de Rabbi David Hanania Pinto Chelita, petit fils du saint et vénéré Rabbi Haïm Pinto Zatsal

A la mémoire des Tsadikim

Rabbi Yitshak Elhanane, le Rav de Kovno

  

Rabbi Yitz’hak El’hanan Spector, qu’on surnommait le Rav de tout Israël, était Rav de Kovnau. Il est né en 1801 (5571) et mort en 1896 (5656). Il dirigea diverses communautés, entre autres celle de Novardok (5611-5624). Mais sa célébrité dans le monde juif lui vient essentiellement du dernier endroit où il a été Rav, la ville de Kovnau, où il resta plus de trente ans.

Il devint le dirigeant de sa génération, et dans aucun domaine, qu’il s’agisse du bien général ou de la vie des individus, rien ne se faisait sans lui demander conseil et recevoir son accord. On lui adressait des questions de tous les coins du monde, et une grande partie de ses milliers de réponses furent rassemblées dans les ouvrages Beer Yitz’hak, Na’hal Yitz’hak et Ein Yitz’hak.

Le Natsiv de Volojine disait que Rabbi Yitz’hak El’hanan avait mérité tout cela à cause de son assiduité exceptionnelle dans l’étude de la Torah. Il est le plus grand matmid (« assidu dans l’étude ») de notre génération, disait le Natsiv, qui lui aussi était connu pour son assiduité exceptionnelle.

Effectivement, lorsqu’on lit l’histoire de sa vie, il est impossible de ne pas s’émerveiller de l’extraordinaire force de travail dont il fit preuve dès son plus jeune âge. Pour donner une idée de cette attention qui attirait même les yeux des plus grands matmidim, nous allons donner quelques exemples.

Il va de soi que Rabbi Yitz’hak El’hanan fut plongé dans l’étude dès sa jeunesse pratiquement sans aucune interruption. Mais même lorsqu’il devait quitter le Beit Hamidrach pour une raison quelconque, il s’en allait avec un livre ouvert qu’il consultait jusqu’à la table la plus proche de la porte de sortie, où il le laissait ouvert, pour qu’immédiatement en revenant au Beit Hamidrach il puisse recommencer à étudier sans le plus petit délai...

Quand il arrivait en avance chez son beau-père pour le déjeuner et que le repas n’était pas encore prêt, sans perdre un seul instant, il se lavait les mains et mangeait rapidement un morceau de pain sec posé sur la table. Avant même que les habitants de la maison aient le temps de lui demander d’attendre le repas, il était déjà reparti au Beit Midrach...

A la fin de Yom Kippour, il quittait la synagogue en courant, arrivait chez lui, faisait la havdala sans attendre, mangeait quelque chose et courait de nouveau au Beith Midrach, alors que les derniers fidèles n’avaient pas encore eu le temps de sortir...

Ce ne sont que des exemples qui montre la nature de son étude, qui lui a valu d’être un maître en Israël.

Rabbi Yitz’hak El’hanan était le plus grand décisionnaire de sa génération, on s’adressait à lui du monde entier. L’un des domaines dans lesquels on avait le plus besoin de lui était celui des agounoth, où il faisait merveille. La douleur des malheureuses femmes dont les maris avaient disparu sans laisser de traces ébranlait le cœur du Rav de tout Israël, et il investissait toutes ses forces dans chaque question qui lui était présentée, sans se laisser aucun repos pour dormir ou manger, afin de trouver un moyen de libérer ces femmes en accord avec la loi de la Torah. Et quand D. lui permettait de trouver une permission légale, sa joie était extrême. Dans de nombreux cas concernant des agounoth, la force de sa Torah se manifesta et tout le monde put aussi constater que du Ciel, on était d’accord avec lui.

Alors qu’il dirigeait encore la communauté de Novardok, on lui présenta une question sur une agouna dont le mari s’était noyé en Méditerranée, « des eaux sans fin », si bien qu’il existait un doute que le mari ait réussi à atteindre la côte de l’autre côté de la mer. Il se pencha sur cette difficile question pendant des jours et des nuits, et parvint à la conclusion que le mari était bel et bien mort et que la femme avait le droit de se remarier sans hésiter.

Et voilà que le lendemain, on trouva sur la côte le corps d’un homme qui avait été rejeté par la mer. En examinant soigneusement ses vêtements, on trouva un trousseau de clefs qui fut identifié avec certitude comme appartenant au disparu...

Dans un autre cas, il s’agissait d’une agouna dont le mari avait disparu, et le Rav de la ville où vivait cette femme n’avait trouvé aucun moyen de la libérer. La question fut portée devant le Rav de Kovnau. Il l’examina longtemps, et à la fin permit à la femme de se remarier. En prenant connaissance de cette décision, le Rav de la ville exprima de nombreux doutes. Il se rendit même à Kovnau pour la mettre en cause. Le Rav Yitz’hak El’hanan écouta avec beaucoup de patience ce Rav, qui était grand dans la Torah, mais dit à la fin : « J’ai donné à cette femme une permission totale, et je ne souhaite pas revenir là-dessus ».

Le Rav rentra chez lui rempli de doutes. Et voilà que la municipalité décida de faire des fouilles à certains endroits de la ville, et que dans l’un des sites concernés, on découvrit le corps d’un homme qui fut identifié par ses vêtements comme celui du disparu...

 

 

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