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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Yossef Caro
L’Auteur
du Choulhane Aroukh
Rabbi Yossef Caro, connu
sous le nom de «Beth Yossef»,
fut le plus grand parmi les
derniers codificateurs (Aharonim).
Auteur du Choulhane Aroukh,
Rabbi Yossef Caro est né en
1488. A l’âge de 4 ans, sa famille
et lui firent expulsés d’Espagne,
ils s’établirent en Turquie,
à Kouchta. Le jeune enfant reçut
l’essentiel de son éducation
de son père, érudit singulier,
et en plusieurs endroits de
son ouvrage, Rabbi Yossef Caro
rapporte des commentaires au
nom de son père. Après la mort
de ce dernier, Rabbi Yossef
Caro fut élevé dans la maison
de son oncle, Rabbi Itshak Caro
qui l’adopta comme son propre
fils. De Kouchta, il alla s’installer
à Andrinople où il épousa la
fille du Sage Rabbi Haïm Albag
et fonda sa Yéchiva. A 34 ans,
il commença à rédiger son oeuvre
monumentale connue sous le nom
de «Beth Yossef».
Diligence, persévérance dans
l’étude, sainteté et sobriété
dans la vie quotidienne furent
les caractéristiques de sa personnalité.
Il s’adonnait souvent aux jeûnes
et aux mortifications. Il fit
la connaissance de Rabbi Chlomo
Molko qui fut brûlé par la suite
en martyrs pour D. Le Beth Yossef
envia sa mort pour lui-même.
Quand il perdit sa première
femme, il se remaria avec
la fille de Rabbi Itshak Saba.
Il résida quelques temps à Nicopolis
au nord de la Bulgarie. Finalement,
il décida de monter en Eretz
Israël pour bénéficier de la
sainteté de la Terre Sainte
et pour terminer ses ouvrages.
Il s’installa à Sfat où il résida
définitivement. Là, il fut nommé
membre du Tribunal de Rabbi
Yaacov Bi Rav qui, plus tard,
lui donna l’investiture rabbinique.
A Sfat, le Beth Yossef fonda
une Yéchiva où il enseigna la
Thora à une multitude d’élèves,
et parmi eux, Rabbi Moché
Alchékh, Rabbi Moché Cordovéro
(Le Ramak). A la mort de Rabbi
Yaacov Bi Av, le Beth Yossef
lui succéda en tant que Président
du Tribunal avec à ses côtés
Rabbi Moché Di Trani (Le Mabit),
et fut ainsi à la tête du Tribunal
Rabbinique de Safed qui servit
de Tribunal central pour tout
le peuple d’Israël quelque soit
son lieu d’exil et qui traita
de tous les problèmes sans exception
comme le Sanhédrin des premiers
temps.
C’est dans la ville de Safed
qu’il rédigea ses plus grandes
oeuvres qui le rendirent en
tant que leader spirituel de
la génération et en tant que
Rav de tout Israël. L’immense
influence de ses livres inestimables
ne s’est jamais amoindrie depuis
leur parution jusqu’à aujourd’hui.
La rédaction de son livre «Beth
Yossef» l’occupa pendant 20
années pendant lesquelles il
réunit minutieusement le point
de vue de tous les décisionnaires
sur chaque point de Halakha.
En cas de litige entre les décisionnaires,
il tranchait selon la majorité.
Au début il pensa rédiger son
travail à la manière du «Michné
Thora» du Rambam. Mais étant
donné que le Rambam ne donnait
que la Halakha à accomplir,
sans aucun commentaire il préféra
pour rédiger son ouvrage à rapporter
pour chaque Halakha l’avis de
la majorité des décisionnaires.
Chaque fois que le «Rif», Le
«Roch» et «Rambam» avaient discuté
d’un point législatif, et que
leurs opinions sur une loi précise
finalement convergent, cette
loi était acceptée. En cas de
divergence entre ces «trois
piliers de l’enseignement»,
il tranchait selon la majorité.
Si tous les trois n’étaient
pas d’accord entre eux il ramenait
l’avis du «Rambam», du «Rachba»
et du «Ran et prenait une décision
d’après leurs commentaires.
En tant que Séfarade, il se
fonda principalement sur les
commentaires des Sages d’Orient.
Il ne rapporta que très rarement
l’avis es décisionnaires Ashkénazes,
ce qui lui attira de vives critiques
de la part des Sages de Pologne.
Quand il finit de rédiger le
«Beth Yossef» en 1542 il continua
pendant 12 années à le corriger
et à l’enrichir. Puis il publia
une deuxième édition en quatre
volumes. Le Premier volume fut
publié à Venise en 1550-51.
Le deuxième fut publié dans
la même ville en 1551. Le troisième
fut publié dans la ville de
Savionita en 1553 et enfin le
dernier volume fut publié dans
cette même ville en 1559.
Quand il finit de s’occuper
de cette oeuvre immense, il
en fit un résumé où il ne mit
que l’essentiel de chaque loi,
de manière concise, sans y ajouter
la source. C’est ce qui donna
le «Choulhane Aroukh» (La Table
Dressée). Il termina de résumer
le premier volume en 1555.
Le «Choulhane Aroukh» devint
très vite un livre de base sur
lequel s’appuyèrent les plus
grands Sages et les plus grands
commentateurs. Il est considérée
jusqu’à aujourd’hui comme la
clé de voûte de tout enseignement
sur les lois. Ce livre a d’abord
suscité une grande opposition
des plus grands érudits d’Orient
comme d’Occident. Ces Sages
s’opposèrent également avec
véhémence, à tous ceux qui enseignaient
la Halakha du Choulhane Aroukh
sans consulter les sources du
Talmud car, pensaient-ils, sa
langue trop concise pouvant
induire à l’erreur. Mais ce
sont surtout les Sages d’Occident
qui émirent à son sujet les
plus grandes réserves. Il objectèrent
que ce livre était entièrement
basé sur le point de vue des
grands décisionnaires Séfarades
sans jamais tenir compte de
l’avis des grands Rabbins de
Pologne ou de France. Parmi
les plus grandes critiques du
Choulhane Aroukh, citons Rabbi
Chlomo Louria (Le Maarchal),
Rabbi Meïr de Lublin (Le Maaram)
et Rabbi Mordekhaï Yaffé (Baal
Halevouchim). Mais c’est surtout
Rabbi Moché Isserles (Le Rama)
qui se distingua après sa critique
et rédigea son propre livre
«Darké Moché» sur le «Arba Tourim»
donnant ainsi une version ashkénaze
du «Beth Yossef». Il rédigea
également une critique du Choulhane
Aroukh, où il écrivit l’avis
des décisionnaires de l’Europe
de l’Est. Ce livre du Rama a
été publié avec le «Choulhane
Aroukh» à Karaka en 1578. En
fait, cette critique a été très
bénéfique pour le «Choulhane
Aroukh» car elle contribua pleinement
à son essor. En effet, le «Choulhane
Aroukh» fut dés lors accepté
par toutes les communautés d’Israël.
Depuis ce temps-là et jusqu’à
nos jours, le «Choulhane Aroukh»
connaît une très grande diffusion
et beaucoup d’érudits rédigèrent
de nombreux commentaires à son
sujet. On écrivit même un résumé
du «Choulhane Aroukh». Depuis
la parution du Michné Torah
du Rambam jusqu’à ce jour, aucun
livre n’a connu un tel essor
et un appui aussi inconditionnel.
Le Choulhane Aroukh fut publié
pour la première fois à Venise
en 1565. Le livre, au début
de sa parution, n’était considéré
par son auteur que comme un
outil pour l’étude en général.
Rabbi Yossef Caro rédigea également
un livre sur l’oeuvre du Rambam
«Kessef Michné». Dans cet ouvrage
il explique le travail du Rambam
et éclairé ses sources étant
donné que le Rambam ne les citait
pas. Même le «Maguid Michné»
de Rabbi Vidal de Toulouse qui
précéda le «Kessef Michné» de
Rabbi Yossef Caro n’est pas
aussi complet. Par le biais
de son livre, Rabbi Yossef Caro
essaie d’écarter du Rambam toutes
le objections qui ont été remises
contre lui par le «Rabad». Son
livre éclaire même les commentaires
du «Maguid Michné». Le «Kessef
Michné» de Rabbi Yossef Caro
fut publié à Venise dans les
années 1574-1576; les trois
premiers volumes de son vivant,
le dernier après sa mort. Depuis
sa publication, le commentaire
accompagne toujours l’oeuvre
du Rambam.
Sa noblesse d’âme, la pureté
de ses qualités se reflètent
dans les écrits de Rabbi Yossef
Caro. Ses paroles sont celles
des sages qui sont toujours
émises avec calme. Même quand
il rapporte des paroles contradictoires
aux siennes, il les soumet avec
respect. Azonlay nous rapporte
qu’il avait à l’époque de Rabbi
Yossef Caro, trois hommes se
prénommant Yossef susceptibles
de rédiger le «Beth Yossef».
C’étaient Rabbi Yossef Taitsk,
Rabbi Yossef Lév et enfin Rabbi
Yossef Caro. C’est bien sûr
Rabbi Yossef Caro que D; a choisi
pour remplir cette tâche à cause
de sa modestie sans limite.
En 1564, sa deuxième femme
mourut lui laissant un fils
Chlomo. Il épousa alors une
fille de Rav Zakharia Bar Chlomo
Zivssil Ashkenazi, qui était
un grand érudit de Jérusalem.
Il était âgé de plus de 80 ans
quand est né son fils Rabbi
Yéhouda. Il mourut âgé de 87
ans, le jeudi 13 Nissan 1575
et laissa derrière lui un peuple
endeuillé par la perte d’une
grande lumière.
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