Mausolee de Rabbi Haim Pinto 

Sous l'égide de Rabbi David Hanania Pinto Chelita, petit fils du saint et vénéré Rabbi Haïm Pinto Zatsal

 

La Paracha de la semaine en format PDF

NO 529

BALAK

12 Juillet 2008

9 Tammouz 5768

HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

21:34

22:56

Lyon

21:12

22:28

Marseille

21:01

22:12

Cliquer sur l'image pour télécharger au format pdf

 

LE JUSTE VIVRA PAR SA FOI

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

L’histoire de Bilam en général, et le dialogue entre Bilam le méchant et son ânesse en particulier, appellent des explications. Comment l’ânesse a-t-elle vu l’ange qui se tenait sur le chemin, alors que Bilam ne l’a pas vu jusqu’à ce que D. lui ouvre les yeux ? N’est-il pas dit (Bemidbar 24, 16) « Celui qui entend les paroles de D., et connaît la pensée du Très-Haut, perçoit la vision de Cha-daï » ? Là-dessus, la Guemara (Berakhot 7a) demande : « Est-il possible qu’il n’ait pas connu la pensée de sa bête, alors qu’il connaissait la pensée de D. ? » D’ailleurs, nous devons expliquer pourquoi Hachem n’a pas ouvert la bouche de l’ânesse avant que Bilam ait la jambe froissée contre le mur et que l’ânesse se couche sous lui, l’irritant jusqu’à ce qu’il veuille la tuer. Quelle en est la raison ?

On peut l’expliquer d’après ce qu’ont dit les Sages (‘Haguiga 12a) : « La lumière que le Saint béni soit-Il a créée le premier jour permettait à l’homme de voir d’un bout du monde à l’autre. Quand Hachem a vu la génération du déluge et la génération de la dispersion, Il l’a cachée. Pour qui l’a-t-Il cachée ? Pour les tsaddikim. » Si les hommes n’avaient pas fauté, il aurait été juste qu’ils voient d’un bout du monde à l’autre, par la grande lumière que Hachem avait créée au début de la Création. Et comme il était clair pour Lui qu’ils allaient commettre de mauvaises actions, Il a caché la lumière uniquement pour les tsaddikim, c’est pourquoi ils peuvent voir d’un bout du monde à l’autre. De qui la lumière a-t-elle été cachée ? Uniquement des méchants, parce qu’ils pèchent et ne sont pas dignes de l’utiliser.

Par conséquent l’ânesse voyait l’ange, mais Bilam ne le voyait pas, car il était méchant et se comportait mal. Mais comme l’ânesse n’avait pas de mauvais penchant, la lumière originelle n’avait pas été cachée d’elle, et elle voyait ce qu’aucune créature ne peut voir à l’exception des tsaddikim.

De plus, comme Bilam n’avait aucune foi, même quand il a vu, il ne savait pas ce qu’il voyait, et n’a pas fait attention à ce qu’il voyait. Comme l’ont dit les Sages (Zeva’him 116a) : « Au moment où la Torah a été donnée avec du tonnerre et des éclairs, tous les peuples se sont rassemblés autour de Bilam, et lui ont dit : Qu’est-ce que c’est que ces voix ? Bilam leur a répondu : La Torah qui a été cachée chez le Saint béni soit-Il pendant de nombreuses générations descend du Ciel et elle est donnée aux bnei Israël, qui sont le peuple de Hachem. » Par conséquent, bien que Bilam ait vu la gloire d’Israël, et savait que c’était le peuple de D., pour qui le monde avait été créé, il n’est pas allé se joindre à eux. S’il ne prêtait pas attention à sa vision naturelle, à plus forte raison ne pouvait-il pas voir des choses que tout le monde ne peut pas voir. De plus, même ensuite, quand il a vu l’ange, et que l’ange a voulu le faire revenir sur ses pas, il n’est pas retourné. Sans compter que même après sa mort, il n’a pas changé d’avis, et nous savons que quand Onkelos le converti l’a fait monter par sorcellerie, et lui a demandé ce qu’il pensait d’Israël, il a répondu : « Ne recherche pas leur paix ni leur bien à jamais » (Guittin 57a).

Les Sages ont dit (Chir HaChirim Zouta 1, 15) : il y a des méchants qui sont sages à leurs propres yeux, qui connaissent le soleil, la lune et les constellations, et qui sont savants sur ce que Hachem a fait dans le ciel, mais qui ne savent pas reconnaître Celui Qui les a créés. Bilam en fait lui aussi partie. Il leur ressemble, et bien qu’il ait connu la pensée du Très-Haut, il ne s’est pas repenti et n’a pas pris sur lui le joug de la Torah. Ce méchant est même allé jusqu’à donner un mauvais conseil à Balak et à faire fauter les bnei Israël, et il ne s’est pas passé très longtemps avant que vingt-quatre mille hommes d’Israël ne trouvent la mort.

L’exemple des chutes du Niagara

C’est un principe que tout homme qui n’a pas de foi, même s’il voit, il ne voit pas, et c’est ce qui est arrivé à Bilam. Jusqu’à aujourd’hui, les sots parmi les nations voient de leurs yeux, regardent les merveilles de la nature et ne voient pas que le Saint béni soit-Il a créé ces merveilles. Ils croient qu’elles se sont créées toutes seules.

Peut-il venir à l’esprit que les chutes du Niagara, au Canada, qui sont une des merveilles de la nature, se soient créées elles-mêmes ? Evidemment pas ! Mais ceux-là, comme ils ne veulent pas voir la vérité, bien qu’ils voient les chutes, ne voient pas la vérité. De plus, chaque jour le Saint béni soit-Il fait à l’homme des miracles dont il ne s’aperçoit pas (voir Ramban Chemot 13, 16). L’homme les voit, et ne voient pas Hachem qui Se trouve derrière tous ces miracles.

Quand D. voit que l’homme n’a pas de foi et ne perçoit rien, Il lui ouvre les yeux. De quelle façon ? En lui envoyant des épreuves, qui poussent son âme à s’éveiller au repentir. Rabbeinou Yona écrit dans Cha’arei Techouva (2, 2) : « Quand l’homme rencontre des épreuves, il doit réfléchir et se dire que ce ne sont que ses propres actions qui lui ont amené cela, et il doit revenir à Hachem Qui prendra pitié de lui. »

C’est pourquoi Hachem a envoyé des épreuves à Bilam. Sa jambe a été froissée contre le mur, et il a beaucoup souffert jusqu’à ce que l’ânesse ouvre la bouche pour qu’il réfléchisse au fait que ces malheurs lui venaient de ce qu’il allait maudire Israël. Comme il était très mauvais, il n’y a prêté aucune attention et a poursuivi sa route. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé en fin de compte (Bemidbar 31, 8) : « Ils tuèrent Bilam ben Beor par l’épée. » Quand l’ont-ils tué ? Quand il est venu demander la récompense du conseil qu’il avait donné, en ajoutant de la méchanceté à sa méchanceté, comme l’ont expliqué les Sages (Sanhédrin 106a). Il est allé demander la récompense des vingt-quatre mille juifs qui étaient tombés.

De façon générale, quiconque n’a aucune foi ne peut rien voir de ses yeux. Bilam le méchant, parce qu’il ne croyait pas en Hachem, n’a pas vu, mais les tsaddikim, parce qu’ils croient en Hachem, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk 2, 4) « Le tsadik vivra de sa foi », voient de leurs yeux d’un bout du monde à l’autre. Nous savons que les yeux des tsaddikim voient tout ce qui se produira dans le monde, et ils ont souvent sauvé des gens de la mort, parce qu’ils ne se sont pas rendu impurs par la faute et ont cru en D., si bien qu’on leur a donné le droit d’utiliser la grande lumière qui a été créée au début de la Création.

GARDE TA LANGUE

Hachem l’a en horreur

Tout ce que nous avons écrit sur l’interdiction de la médisance, c’est même si c’est totalement vrai, qu’il n’y a pas la moindre trace de mensonge. Inutile de dire que si deux personnes s’aimaient au début et qu’on aille raconter des médisances de l’une sur l’autre, cela s’appelle être un méchant, et c’est en horreur à Hachem. Mais même si sans cela ils se détestaient, et que l’un entend dire du mal de l’autre et va le raconter, c’est de la médisance.

(‘Hafets ‘Haïm)

SUJET D’ACTUALITE

LE JEUNE DU 17 TAMOUZ

Cinq choses mauvaises sont arrivées le 17 Tamouz : les premières Tables de la loi ont été brisées ; l’holocauste quotidien a été aboli ; la ville a été envahie ; Apostemos le méchant a brûlé la Torah ; une idole a été placée dans le « heikhal ».

Les Tables ont été brisées

Le 7 Sivan, après le don de la Torah, Moché est de nouveau monté au mont Sinaï (dont tout le peuple n’avait pas encore le droit de s’approcher, mise en garde qui avait été donnée avant le don de la Torah), pour apprendre de D. les principes, les détails et les moindres précisions de la Torah, et pour recevoir les Tables de la loi.

Quand Moché est monté au Ciel, il a dit aux bnei Israël : Au bout de quarante jours, au début de six heures du jour, je viendrai et je vous apporterai avec moi la Torah. Ils ont cru que le jour où il était monté faisait partie du compte, et il leur avait dit quarante jours entiers, le jour plus la nuit qui précède. Or le jour où il était monté, la nuit n’en faisait pas partie, puisqu’il est monté le sept Sivan, donc le quarantième jour était le 17 Tamouz.

Le 16, le Satan est venu amener le trouble dans le monde, et il a montré une figure d’obscurité et de brouillard, une nuée où tout était flou, en disant, Moché est certainement mort, puisque six heures sont déjà écoulées et qu’il n’est pas revenu.

Le Satan leur a dit : « Votre maître Moché, où est-il ? » Ils ont répondu : « Il est monté au Ciel. » Il leur a dit : « Il est en retard ! » et ils ne lui ont pas prêté attention. « Il est mort ! » et ils ne lui ont pas prêté attention. Il leur a montré l’image de son cercueil. Ils sont venus trouver Aharon dans la confusion et le bouleversement, et lui ont dit : « Fais-nous un dieu ! »

Le lendemain, Moché est descendu de la montagne, et quand le Saint béni soit-Il lui a donné les Tables de la loi, elles se portaient elles-mêmes ; quand il est descendu, s’est approché du camp et a vu le Veau d’Or, les lettres se sont envolées et les Tables sont devenues lourdes dans les mains de Moché. Immédiatement, « Moche se fâcha et il les lança de ses mains. »

De même dans la destruction du Temple, la ville a été investie le 9 Tamouz. Mais comme il ne faut pas trop peser sur le public, on n’a pas fixé deux jours de jeûne à proximité l’un de l’autre, on a donc fixé le 17 Tamouz, parce que la destruction du Deuxième Temple est encore plus grave pour nous.

L’holocauste quotidien a été aboli

Au moment de la destruction du Premier Temple, le 9 Tamouz, il a été fait une brèche dans la muraille de Jérusalem, et les ennemis ont envahi la ville et fait régner la destruction, mais ils n’ont pas pu rentrer dans le Temple, car les cohanim s’y étaient enfermés et ont maintenu le culte jusqu’au 7 Av. Mais à partir du 13 Tamouz, il leur a manqué des agneaux pour offrir l’holocauste quotidien, car il y avait toujours eu dans la « azara » des agneaux exempts de tout défaut pour les sacrifices de quatre jours. A partir du 13 Tamouz, ils ont acheté la complicité des troupes qui les assiégeaient de l’extérieur, ils leur faisaient passer de l’argent et de l’or, et eux leur faisaient monter des agneaux. Ils ont fait cela jusqu’au 17 Tamouz.

La ville a été envahie

Cela concerne la destruction du Deuxième Temple. Les remparts de Jérusalem ont été forcés le 17 Tamouz, et Titus et son armée ont envahi la ville. Alors que pour la destruction du Premier Temple, à l’époque du roi Tsidkiyahou, il est écrit (Yirmiyah 52) : « Le quatrième mois, le neuf du mois, la faim se fit forte dans la ville, et le peuple n’avait pas de pain. La ville fut ouverte par une brèche, et tous les gens de guerre s’enfuirent et sortirent de la ville pendant la nuit. »

Le Yérouchalmi dit que même pour la destruction du Premier Temple, la ville a été envahie le 17 Tamouz, mais à cause des terribles malheurs qu’il y a eu à ce moment-là, le compte exact des jours a été perdu et ils ont cru qu’on était le 9 Tamouz.

Bien que le Saint béni soit-Il ait su et que le prophète ait su, Il a écrit par la main du prophète Yirmiyahou le 9 du mois, comme le croyait le peuple, pour montrer que pour ainsi dire, Il était avec eux dans la peine, et pour ainsi dire, même s’ils s’étaient trompés dans leurs calculs, ce que la bouche ne peut pas dire ni l’oreille entendre.

Apostemos a brûlé la Torah

On ne connaît pas les détails de cet événement, qui est évoqué dans la Michna, à partir de sources premières. Le Yérouchalmi dit simplement : « Où l’a-t-il brûlée ? Rav A’ha dit : Dans les souterrains de Lod. Et les rabbanim disent : dans les souterrains de Terlossa. »

Les A’haronim supposent que cet événement se rattache à la période du gouverneur romain Komanos. Cela s’est passé quelque seize ans avant la grande révolte contre les Romains. A cette époque-là, les forces du gouverneur harcelaient les juifs et ce qui leur était sacré, et il y avait de grandes émeutes qui s’apaisaient ensuite. Voici ce que raconte Flavius Josèphe sur cette époque-là :

« Après ce soulèvement (une dizaine de milliers de personnes avaient été tuées sur le mont du Temple à cause d’un trouble qui avait été provoqué par les Romains), un nouveau trouble se produisit à cause d’un acte de brigandage, car sur la grand-route auprès de Beit ‘Horon, des brigands avaient attaqué la suite de Stéphanus, l’un des serviteurs de l’empereur, et l’avaient complètement pillée. Komanus avait envoyé des gens de son armée dans les villages voisins de l’endroit du brigandage, et ordonné d’arrêter les habitants et de les lui amener, car il trouvait en eux la faute de ne pas avoir poursuivi les brigands pour les attraper. L’un des soldats avait pris un rouleau de la sainte Torah dans l’un des villages, et l’avait déchiré et jeté au feu. De toutes parts, les juifs s’étaient insurgés comme s’ils avaient vu tout leur pays livré aux flammes. A cette nouvelle, tout le monde a été animé d’un esprit de grande passion pour ce qui leur était sacré, et comme une flèche qui jaillit de l’arc, ils ont couru à Césarée pour voir Komanos, afin qu’il n’hésite pas à exercer sa vengeance contre un homme qui avait insulté leur D. et leur Torah sans réserve. Le gouverneur comprit que l’agitation du peuple ne s’apaiserait pas sans un geste de sa part, c’est pourquoi il ordonna de lui amener le soldat concerné et de le pendre, entre les endroits qui se plaignaient de lui, et les juifs rentrèrent chez eux.

D’après cette hypothèse, cela se passait le 17 Tamouz, plusieurs années avant la destruction du Deuxième Temple. Le nom de Stephanus a été changé en Apostemos, il existe de nombreuses variations de noms de ce genre.

Une idole a été placée dans le « heikhal »

Certains expliquent que cela aussi a été fait par Apostemos le méchant le même jour, le 17 Tamouz. D’autres pensent qu’il s’agit de l’idole fabriquée par le roi Menaché qu’il avait placée dans le « heikhal », et c’était aussi un 17 Tamouz.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La Torah protège et sauve

« C’est un peuple qui vit solitaire, et ne se confond pas avec les nations »

Ce verset n’a été dit qu’à propos de cet exil amer qui précède l’arrivée du Machia’h. Il est presque impossible à un juif de sortir dans la rue, tous les coins sont pleins d’impureté et il est impossible de ne pas trébucher et de ne pas regarder. Comment éviter de fauter ?

L’homme ne peut être sauvé de la débauche qu’en s’attachant à chaque instant à la sainte Torah, qui protège et sauve. La Guemara (Ketoubot 17a) dit à propos de Rabbi Yéhouda bar Ilaï qu’il prenait une branche de myrte et dansait devant la fiancée, en disant : « La fiancée est belle et bonne. » Rav Chemouël fils de Rav Yitz’hak dansait en jonglant. Rav Zira a dit : Tu nous fait honte ! Quand il mourut, une colonne de feu s’éleva, et nous savons que cette colonne de feu ne se produit que pour quelqu’un qui est unique dans sa génération, ou l’un de deux grands de la génération. Rav A’ha la prenait sur ses épaules pour danser. Les Rabbanim lui dirent : Pouvons-nous en faire autant ? Il répondit : Si elle est pour vous comme une planche, vous pouvez, et sinon pas. Rachi explique : comme un simple morceau de bois auquel on n’accorde pas une seule pensée.

Comment ces tsaddikim faisaient-ils cela sans avoir la moindre pensée déplacée ? Parce qu’ils étudiaient la sainte Torah, elle les protégeait pour qu’ils ne pensent pas à des choses malhonnêtes. Ils regardaient, mais ne faisaient pas attention et n’en venaient pas à de mauvaises pensées. La Guemara raconte quelque chose du même ordre (Berakhot 20a) : Rav Guidel avait l’habitude de s’asseoir à l’entrée du mikvé pour donner des conseils aux dames sur la façon de se tremper. Les Rabbanim lui dirent : Ne crains-tu pas le mauvais penchant ? Il leur  répondu : Elles sont pour moi comme des cygnes blancs. Le Rambam nous enseigne (Issourei Biah 22, 21) : « Une pensée de débauche n’assaille qu’un cœur libre de toute sagesse ». Cela se trouve en allusion dans le verset « C’est un peuple qui vit solitaire. » « Levadad » (solitaire) a la valeur numérique de quarante. C’est une allusion à la Torah qui a été donnée au bout de quarante jours, ce qui nous enseigne que du fait que l’homme étudie la Torah, il parvient à accomplir « il ne se confond pas avec les nations ». Même s’il a l’occasion de rencontrer de vilaines choses, comme il étudie la Torah, il arrive à voir sans en venir à de mauvaises pensées, et à ne pas se confondre avec les nations. En effet, il ne pense pas aux mêmes choses que les nations, parce qu’il étudie la Torah.

A LA SOURCE

« Et maintenant, viens je te prie me maudire ce peuple » (22, 6)

Le livre « Chnei Lou’hot HaBerit » écrit :

L’homme doit faire très attention à ne pas dire de paroles imprudentes. Car même s’il parle sans intention, il attire la chose sur lui. Balak a dit : « Viens me maudire », sa bouche a provoqué qu’en fin de compte, il l’a maudit…

« Bilam dit à l’ânesse : parce que tu te joues de moi » (22, 29)

Rabbeinou Be’hayé écrit qu’il aurait convenu que Bilam le mauvais s’étonne de ce prodige que l’ânesse parle avec lui et fasse part de ce miracle à tous ceux qui étaient avec lui sur la route. Il aurait dû réfléchir et se dire que cela provenait de Hachem et en tirer la leçon.

Mais par cruauté et nature mauvaise, et par désir d’aller maudire Israël, il a pris la chose comme elle venait et a répondu à l’ânesse comme quelqu’un qui parle avec son ânesse depuis toujours : « parce que tu te joues de moi ».

« Que mon âme meure de la mort de ces justes, que ma fin soit semblable à la leur » (23, 10)

Le ‘Hafets ‘Haïm explique que Bilam le méchant ne voulait pas vivre la vie d’un juif croyant. Son âme aspirait seulement à mourir comme un juif, la mort d’un juste. Parce que la vie du juif est bordée d’épines, il n’y a sur son chemin que des ronces et des chardons, et il faut tout supporter. Ceci on a le droit de faire, et cela on n’a pas le droit de faire. « Vous mangerez ceci, vous ne mangerez pas cela. »

Le juif croyant, quand sa fin arrive, sait que la mort n’est qu’un passage d’une vie transitoire à la vie éternelle, il croit que l’âme demeure, il croit à la récompense et au châtiment, c’est pourquoi la mort ne lui fait pas tellement peur. C’est à cela que Bilam aspirait d’arriver. « Que mon âme meure de la mort des justes, que ma fin soit semblable à la leur ».

« Parole de Bilam fils de Beor, et parole de l’homme au regard clairvoyant » (24, 3)

Le livre « Itourei Torah » rapporte une histoire qui s’est passée à l’époque de l’Holocauste. L’un des officiers supérieurs de l’armée nazie était borgne. Cet officier subit une opération de son œil malade à l’hôpital de Berlin, et on remplaça son œil par un œil de verre.

Un jour, l’officier dit à une femme juive, avant de l’envoyer à la mort, qu’elle serait sauvée si elle lui disait quel était son œil véritable…

Sur le champ, la femme lui dit, sans aucune hésitation, quel était son œil véritable.

Quand l’officier s’étonna et voulut savoir comment elle en était tellement sûre, la femme lui répondit qu’elle le savait parce que dans l’œil de verre, on ne voyait pas la méchanceté…

« Il transperça les deux, l’homme d’Israël et la femme » (25, 8)

Le saint Rabbi ‘Haïm ben Attar zatsal demande : Comment Pin’has a-t-il transpercé la femme ? Il a transpercé l’homme selon la loi qui veut que « celui qui a des relations avec une araméenne, les zélateurs le frappent ». Mais la femme n’est pas passible de mort pour cela, et même si Pin’has craignait que cette femme ait été mariée, cela ne justifiait pas de la tuer dans le doute !

Il explique qu’il est possible que Pin’has ait jugé la femme selon la loi concernant la bête, à propos de qui il est dit (dans un cas de bestialité) : « et vous tuerez la bête ». Il est dit à propos des nations du monde : « Leur chair est la chair d’un âne. » Légalement, ils ont été comparés à la bête, donc dans ce cas la femme devait elle aussi être mise à mort.

Par allusion

« Que ma fin soit semblable à la leur » (Vatehi A’hariti Kamohou »

Les dernières lettres de ces mots forment les initiales de « Avraham, Yitz’hak et Ya'akov », et ont la même valeur numérique que « Bilam ».

C’est ce qu’il voulait dire en disant : « que ma fin soit semblable à la leur ».

(Ba’al HaTourim)

« Et maintenant, enfuis-toi »

Le mot bera’h (enfuis-toi) est formé des mêmes lettres que ‘herev (glaive). C’est une allusion au fait qu’il a fini par périr par le glaive, tué par Pin’has. Ainsi qu’il est écrit : « Les bnei Israël tuèrent le magicien Bilam ben Beor par le glaive. »

TES YEUX VERRONT TES MAITRES

RABBEINOU ‘HAÏM BEN ATTAR

Le saint auteur de « Or Ha’haïm »

A l’occasion de la Hilloula de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar, le saint auteur de « Or Ha’Haïm », beaucoup de choses merveilleuses ont été rapportées sur ce tsadik, son œuvre magnifique et la « segoula » de l’étudier.

Dans « Netiv Mitsvoteikha », le gaon Rabbi Yitz’hak Eizik de Komarna, auteur de « Heikhal HaBerakha » écrit ce qui suit : Notre maître le Ba’al Chem Tov disait de lui que son âme provenait de celle de David, chaque nuit il écoutait la Torah de la bouche de Hachem, et il est impossible de décrire l’immensité de sa sainteté. Les âmes se révélaient à lui et il avait véritablement l’esprit saint. Le Ba’al Chem Tov émanait aussi de l’âme de David, et voulait qu’ils soient liés entre eux et amènent la véritable délivrance.

La pureté de l’âme

L’étude de « Or HaHaïm », disait le tsadik Rabbi Israël de Rojine zatsal, peut purifier l’âme. Le fils de Rabbi Israël, Rabbi David Moché de Tchotkov zatsal, qui avait entendu parler de l’importance de cette étude, avait à partir de ce moment-là fixé une étude régulière du Or Ha’Haïm sur la paracha.

Une guérison totale

Rabbi Pin’has de Koritz disait que le saint livre « Or Ha’Haïm » éclairait de sa lumière toute la ville où le livre se trouvait. Quand son fils tomba malade, il lui conseilla d’étudier dans « Or Ha’Haïm » comme « segoula » pour une guérison totale !

Il se donnerait du mal pour rien

« Le Rav Guershon de Kitov a dit à Rabbi ‘Haïm Ben Attar, le saint « Or Ha’Haïm », que le Ba’al Chem Tov voulait venir en Terre sainte pour le rencontrer. Le « Or Ha’Haïm » lui a répondu de demander au Ba’al Chem Tov, au moment où il irait dans les mondes supérieurs, s’il le voyait entièrement ou non. Il répondit qu’il ne voyait pas ses talons. Le « Or Ha’Haïm » dit qu’en ce cas, il se donnerait du mal pour rien, et qu’il ne pouvait en aucun cas venir et le rencontrer » (Likoutei Sipourim, p. 17).

Le danger est passé

Tous les ans, les foules ont l’habitude de venir se prosterner sur sa tombe au Mont des Oliviers, le jour de sa hilloula, le 15 Tamouz. On raconte des histoires extraordinaires sur certains événements qui se sont produits pour des juifs autour de sa tombe. L’une de ces histoires décrit l’année de la Deuxième guerre mondiale, quand les Allemands étaient aux portes du pays sur deux fronts. A ce moment-là, on proclama au tribunal de Jérusalem d’aller sur la tombe du « Or Ha’Haïm » le jour de la hilloula. Des foules se tenaient en prières et supplications sur la tombe, avec à leur tête le saint Rav de Hossiatin et le saint Rav de Zewil. Après avoir dit les psaumes, on vit de la joie sur le visage des tsaddikim. Quand on leur demanda pourquoi, le Rav de Hossiatin répondit : « Le danger est passé, le glaive ne passera pas par notre pays. » Ceux qui étaient présents s’étonnèrent et lui demandèrent « D’où le savez-vous ? » Le Rav leur répondit qu’il avait vu la forme du Tétragramme qui brillait au-dessus de la tombe de Rabbi ‘Haïm Ben Attar, et il avait compris de là que le danger était passé. Le Rav de Zewil répondit la même chose à ses proches.

Effectivement, deux jours plus tard, de lourdes pertes furent infligées aux Allemands sur les deux fronts, en Syrie et en Egypte. Un nouveau front s’ouvrit du côté des Russes, les assassins s’empressèrent de s’enfuir de la région, et les juifs du pays eurent la paix et la sécurité.

Le tracteur qui se renversait

Une autre histoire s’est passée au moment de la guerre, et s’est répandue à ce moment-là parmi les habitants de la ville de Jérusalem. Cette année-là, la guerre éclata dans toutes les frontières d’Erets Israël, et la vieille ville de Jérusalem fut conquise par les légions jordaniennes qui régnaient à ce moment-là sur toute la région. L’ampleur des destructions opérées par les Jordaniens dans le quartier juif de la vieille ville ne fut découverte qu’après la guerre des six jours. Les Jordaniens avaient détruit des batei midrachot et avaient cassé tout ce qui leur était tombé sous la main. Toutes les synagogues du quartier juif avaient été détruites (la plus célèbre étant la « ‘Hourvat Rabbi Yéhouda He’Hassid » et la yéchivat « Porat Yossef »), et ils avaient aussi brûlé des rouleaux de la Torah de leurs propres mains impures. Les soldats jordaniens ne s’étaient pas contentés de cela, et ils s’étaient également attaqués aux défunts : ils étaient allés au cimetière du mont des Oliviers, où ils avaient détruits des pierres tombales. A l’endroit de ces pierres tombales détruites, on se mit à tracer un chemin. Pour cela, on amena un tracteur qui se mit à labourer pour aplanir la terre. Une tombe après l’autre s’écroulait sous la force du tracteur, jusqu’à ce qu’on arrive à la tombe du saint « Or Ha’Haïm ». Quand le tracteur arriva à la tombe pour détruire la pierre afin de tracer la route, il n’y réussit pas. Le tracteur toucha à peine la tombe, se renversa immédiatement, et le conducteur tomba et mourut sur place. Les Jordaniens attribuèrent cet incident à un défaut dans le tracteur. Ils pensèrent qu’apparemment, le moteur s’était abîmé, et qu’il fallait immédiatement faire venir un spécialiste pour le réparer. Le mécanicien arriva, répara ce qu’il pensait, et immédiatement ensuite un nouveau conducteur arriva pour terminer la tâche de son prédécesseur : la destruction des saintes tombes. Mais l’extrémité du tracteur eut à peine touché la pierre tombale du Rav qu’il se renversa immédiatement, et le conducteur fut tué. A présent, les Jordaniens sentaient déjà qu’il y avait une certaine difficulté, mais ils l’attribuaient encore au tracteur, et ne renoncèrent pas. Le cœur hautain et sûrs d’eux-mêmes, ils voulurent détruire cette pierre tombale à tout prix. Pour cela, ils prirent un gros marteau afin de détruire la pierre à jamais, et quand le soldat le brandit, le lourd marteau s’échappa de sa main et lui écrasa la tête. Cette fois, les Jordaniens aussi eurent peur et se rendirent compte que cela cachait quelque chose. Ils s’éloignèrent immédiatement de l’endroit et personne n’osa plus toucher à la tombe du saint Rav, qui est restée debout jusqu’à aujourd’hui.

 

Copyright © 2007 Hevrat Pinto Paris (France).All rights reserved.